Un nouveau groupe de réflexion sur le Canada

Québec — Des fédéralistes québécois qui ont collaboré au livre Reconquérir le Canada (Voix Parallèle, 2007), dont André Pratte, l'éditorialiste en chef de La Presse, effectuent une nouvelle tentative pour fonder un groupe de réflexion, baptisé cette fois L'Idée fédérale (IF). Une cinquantaine de personnes se sont réunies hier matin à Montréal pour discuter des résultats d'un sondage CROP commandé par l'organisme et ayant porté sur les perceptions du fédéralisme au Québec. On y découvre entre autres que 83 % des Québécois «estiment que, dans ses relations avec les autres partenaires de la fédération, le Québec doit parfois faire des compromis pour le bien de l'ensemble».

IF est décrit comme un «réseau» reliant des personnalités ayant des visions du fédéralisme souvent divergentes, note André Pratte, désigné porte-parole du groupe. Font partie du comité directeur tant Jocelyn Coulon, ancien candidat du Parti libéral du Canada (et ancien éditorialiste au Devoir), que Sébastien Proulx, adéquiste et ex-leader de l'Opposition officielle, et Richard Vigneault, ancien conseiller de Jean Charest.

Au début de février 2008, un groupe avait lancé en grande pompe à Montréal l'Institut du Canada moderne, qui avait pour ambition de fonder un groupe de réflexion pour financer des travaux de recherche et intervenir dans le débat public. Mais le projet, piloté par Patrice Ryan (Ryan affaires publiques) et Frédéric Bérard (avocat chez HKDP), a été abandonné en raison de différends sur sa mission.

Pour l'instant, L'Idée fédérale, «c'est tout petit», d'où le qualificatif de «réseau» plutôt que «think tank», note M. Pratte. À terme, toutefois, IF a l'ambition de commander des sondages et des travaux de recherche et d'organiser des colloques. IF ne veut pas être financé par l'État. Les grandes familles de Québec inc. seront entre autres sollicitées, a indiqué M. Pratte. Les Desmarais, propriétaires de La Presse? «Je ne vois pas ce qu'il y aurait de mal à être financé par la famille Desmarais, par la famille Coutu ou par d'autres. [...] Mais je n'ai pas demandé d'argent aux Desmarais. On n'en a pas reçu non plus.»