Commission Oliphant - Mulroney aurait dû parler lui-même de ses liens avec Schreiber, selon son ancien conseiller

Luc Lavoie, ancien conseiller de Brian Mulroney
Photo: Agence Reuters Luc Lavoie, ancien conseiller de Brian Mulroney

Ottawa — Luc Lavoie, qui a longtemps été le porte-parole et proche conseiller de Brian Mulroney, avait conseillé à son client de divulguer lui-même ses liens commerciaux avec l'homme d'affaires allemand Karlheinz Schreiber dès 2000, plutôt que d'attendre que les médias en parlent.

Devant la commission Oliphant, M. Lavoie a souligné hier qu'il était toujours plus sage d'avouer ses fautes plutôt que de laisser à la presse le soin de les exposer au grand jour.

Celui qui a été vice-président de la firme National et bras droit de Pierre Karl Péladeau chez Quebecor a ainsi expliqué que le contrôle du message constituait l'un des objectifs principaux des relations publiques en situation de crise.

«PR [Public relation] 101 dit que quand une chose va devenir publique, même si elle est désastreuse et catastrophique et mauvaise et tout ce que vous voulez, vous êtes toujours mieux de la sortir vous-même [...] parce que si vous la sortez vous-même, vous allez être capable de réduire un peu les dommages», a-t-il fait valoir.

La confession de M. Mulroney aurait notamment pu prendre la forme d'une lettre aux lecteurs, dans laquelle il aurait admis avoir reçu de l'argent comptant de M. Schreiber. L'ancien premier ministre conservateur n'a cependant jamais donné le feu vert à un tel procédé.

C'est le quotidien torontois The Globe and Mail qui a révélé l'histoire dans un article paru 2003. L'auteur du texte, William Kaplan, a affirmé devant la commission que M. Mulroney avait tenté à plusieurs reprises de le dissuader de publier le texte qui donnait une mauvaise image de lui.

Par la suite, Luc Lavoie n'a jamais nié que M. Mulroney ait reçu l'argent. Il a déclaré devant la commission qu'il n'avait jamais posé de questions sur la somme exacte encaissée par son ex-patron et qu'il n'avait été mis au courant de cette information qu'en 2007.

M. Lavoie a profité de son passage devant le juge Jeffrey Oliphant pour attaquer la crédibilité des journalistes de l'émission Fifth Estate de la CBC, qui ont enquêté sur le scandale Airbus et sur les liens entre M. Mulroney et M. Schreiber et qu'il a accusés d'avoir mené «une mission de destruction» complètement délirante.

M. Lavoie n'a pas non plus été tendre envers l'homme d'affaires allemand qu'il a qualifié d'«être maléfique» et de «menteur», entre autres épithètes.

D'entrée de jeu, il a affirmé ne pas avoir été mêlé de près ou de loin au projet d'usine de blindés légers de la multinationale Thyssen, du temps où il travaillait au cabinet de Brian Mulroney, dans les années 1980.

Ce projet, baptisé Bear Head, est au coeur de l'affaire que tente d'élucider la commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement Harper.

M. Mulroney n'a pas encore été entendu par la commission Oliphant. Son témoignage est attendu mardi prochain.

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