Ignatieff jongle avec l'idée d'interdire l'exportation d'amiante et de ses dérivés

Vancouver — Le chef libéral, Michael Ignatieff, s'est attaqué à un sujet controversé hier en réitérant que le Canada devrait cesser d'exporter l'amiante chrysotile parce que ce produit représente un risque pour la santé publique. Il propose de mettre en place une stratégie de transition pour les travailleurs québécois affectés.

En mars dernier, alors qu'il se trouvait en Colombie-Britannique, M. Ignatieff avait laissé entendre que si l'amiante était à ce point mauvais qu'on le retirait des murs du Parlement, il n'était sûrement pas bon à exporter. Aucun journaliste n'était présent lors de cette déclaration rapportée par un groupe impliqué dans la lutte contre l'amiante. Interrogé par la suite, M. Ignatieff avait donné l'impression de reculer. Hier, il a confirmé sa pensée initiale.

Le chef libéral s'est dit conscient que ce sujet était très délicat au Québec, mais «c'est la science qui doit dicter notre conduite», a-t-il affirmé. «Premièrement, nous devons nous engager clairement à ne pas exporter des produits qui causent des problèmes de santé où que ce soit dans le monde. Ensuite, on devra travailler avec les syndicats, les entreprises, les producteurs pour trouver une façon de passer à autre chose, tout comme nous l'avons fait avec d'autres substances, comme le tabac. Lorsque nous avons découvert que ce produit nuisait à la santé publique, nous avons élaboré une transition pour trouver des solutions de manière à ce que les communautés touchées ne soient pas dévastées. Voilà où je loge.»

«Flocage»

Les travaux de désamiantage dans les édifices de la colline parlementaire auxquels fait référence Michael Ignatieff découlent d'une pratique autrefois utilisée dans l'isolation des édifices appelée «flocage». L'utilisation d'un mélange de fibres, incluant des produits de l'amiante, est strictement interdite depuis la fin des années 1970.

La seule mine d'amiante encore active au pays se trouve au Québec, et 90 % de la production est exportée, principalement vers les pays en voie de développement. Il est généralement employé pour accroître la durabilité des produits de construction en ciment. Les défenseurs de l'amiante chrysotile avancent qu'il n'est pas aussi dangereux que d'autres formes d'amiante et qu'il est sans danger si des précautions adéquates sont prises. L'Organisation mondiale de la santé classe l'amiante dans les substances cancérigènes.

Avec La Presse canadienne

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