Un hommage à Stéphane Dion qui s’étire en longueur

Vancouver — Les quelques 2100 délégués libéraux réunis en congrès à Vancouver cette semaine ont rendu hommage hier soir à leur ancien chef, Stéphane Dion. Celui-ci a profité de son dernier tour de piste pour offrir des conseils sur les politiques que le Parti libéral devrait défendre. Et il n’en démord pas: il faudra mettre un prix sur le carbone.

La soirée a été longue: trois heures et demie au total au cours desquelles tout le monde ou presque a servi à contre-usage. Ainsi, Jean Chrétien a ouvert le bal avec une tirade d’une demi-heure pendant laquelle il a à peine parlé de M. Dion et plutôt attaqué Stephen Harper sans répit.

«Il y a 15 ans [...], les Canadiens se sont tournés vers nous pour nettoyer le gâchis laissé par Brian Mulroney et nous avons fait du Canada une histoire à succès. Bientôt, les libéraux seront encore appelés à nettoyer un autre gros gâchis conservateur», a-t-il lancé à une foule conquise.

Au contraire, Michael Ignatieff a parlé seulement deux minutes et demie pour présenter M. Dion. Il l’a félicité d’avoir atteint son objectif de présenter 30 % de femmes à l’élection. «Stéphane, je t’en donne ma parole, je ne peux pas faire moins que toi et je dois faire plus.»

Stéphane Dion a quant à lui livré un discours de 28 minutes et demie pendant lequel il a tenté de réhabiliter ses idées politiques. «Merci M. [John] Turner d’être venu ici, a-t-il commencé par dire. Il y a des politiciens comme cela qui n’ont pas toujours les meilleurs timing, mais j’ai une grande admiration pour tout ce que vous avez fait.»

Après avoir rappelé à quel point il avait été attaqué par les conservateurs, il a enchaîné en détaillant le plan de relance qu’il aimerait voir le PLC défendre, un plan qui s’articulerait autour de trois pôles: les gens, l’économie verte et la recherche. L’embauche de médecins et d’infirmières, la lutte à la pauvreté, l’aide aux chercheurs, tout y a passé. On aurait cru qu’il était redevenu le chef et qu’il indiquait la voie à suivre. Mais surtout, M. Dion est revenu sur l’idée maîtresse de son leadership: la lutte aux changements climatiques.

«Mettre un prix sur le carbone est inévitable. Le monde occidental en entier le fait parce qu’il est impossible d’ignorer les changements climatiques», a affirmé M. Dion. Selon lui, le Canada n’aura pas le choix de prendre ce chemin s’il ne veut pas devenir un paria international et voir ses produits exportés touchés par des tarifs.

Une fois son discours terminé, la salle s’est vidée. Il ne restait plus que quelques centaines de personnes dans l’immense salle du centre des congrès quand les quatre conférenciers invités, dont Louise Arbour, l’ancienne Haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, ont pris la parole.

Plusieurs militants libéraux hochaient la tête en se demandant qui avait bien pu concocter un tel programme beaucoup trop chargé. Notons que Paul Martin a aussi pris la parole pendant la soirée, qui comptait aussi des chants de chorale et des danses autochtones.

Le Devoir

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