La ministre St-Pierre attend toujours une réponse de la part d'Ottawa

Québec — Un an après avoir envoyé une lettre à Ottawa «pour lui faire part de la volonté du Québec d'entreprendre, dans les meilleurs délais, des discussions relatives à la conclusion d'une entente Canada-Québec concernant le secteur des communications», la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, sera contrainte de... l'envoyer de nouveau. Et ce, sans qu'aucune discussion n'ait été tenue sur le sujet et malgré le rappel tonitruant, par le premier ministre Charest, de cette volonté de Québec en pleine campagne électorale fédérale, le 12 septembre 2008.

«C'est une lettre envoyée l'année passée à une autre ministre. Non, on ne répond pas à de la correspondance de quelqu'un d'autre», a affirmé au Devoir Deirdra Mccracken, l'attachée de presse du ministre du Patrimoine, James Moore, mardi.

Le 9 avril 2008, le jour où la ministre québécoise a fait parvenir sa lettre, le portefeuille du Patrimoine était détenu par Josée Verner, qui possède depuis le 30 octobre celui des Affaires intergouvernementales. Or, la lettre de Mme St-Pierre était aussi destinée à la ministre des Affaires intergouvernementales d'alors, Rona Ambrose, ainsi qu'au ministre de l'Industrie du temps, Jim Prentice. Lorsque, le 13 février dernier, Le Devoir a demandé à Mme Verner ce qu'Ottawa comptait faire de la demande du gouvernement Charest, la ministre fédérale a répondu: «Nous étudions la lettre.» Le bureau de Mme Verner n'a pas rappelé Le Devoir ni mardi, ni hier.

Dans la lettre d'il y a un an, Mme St-Pierre et son collègue des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, écrivaient qu'une entente en ce domaine serait une belle illustration du «fédéralisme d'ouverture»: «Considérant que le Québec [est le] seul État francophone en Amérique, [...] la conclusion d'une telle entente administrative assurerait une meilleure prise en compte de la particularité du contenu québécois en radiodiffusion et télécommunications, et constituerait une reconnaissance de l'importance de protéger et de promouvoir cette spécificité culturelle.»

Début février, le ministre Moore, questionné par Le Devoir, fermait la porte à Mme St-Pierre. Malgré le silence et le refus d'Ottawa, le bureau de Mme St-Pierre a rappelé hier que durant la dernière campagne fédérale, «les ministres Verner et Cannon s'étaient montrés ouverts à une telle négociation». Mme St-Pierre dit maintenir l'objectif d'une telle entente et «entend faire ce qu'il faut pour que le dossier progresse». On n'écarte pas l'idée de réacheminer la lettre une fois de plus.

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