L'ambassadeur afghan rejette toute comparaison avec le régime taliban

Ottawa — L'ambassadeur d'Afghanistan au Canada a défendu, hier, les progrès réalisés par les femmes dans son pays, après avoir fait l'objet de critiques diplomatiques relativement à un projet de loi qui suscite la controverse.

Omar Samad a été convoqué par le gouvernement canadien en pleine fureur internationale à l'égard d'une loi qui interdirait aux femmes chiites de refuser des relations sexuelles à leur mari. L'ambassadeur a fait savoir que le gouvernement afghan examine le projet de loi et qu'il n'émettra aucun commentaire pour l'instant.

«Je comprends très bien la réaction — immédiate et émotive — de pays comme le Canada, qui ont tant accompli pour bâtir une jeune démocratie», a déclaré M. Samad en entrevue.

«Mais les gens doivent aussi comprendre que cette jeune démocratie manque de maturité, a ajouté M. Samad, en faisant allusion à celle qui prévalait en Afghanistan. Les normes sont différentes de celles des démocraties canadienne et européenne. Et le contexte culturel est entièrement différent. Nous allons trébucher, nous allons commettre des erreurs, mais nous allons ainsi progresser.»

M. Samad a également noté que la condition des femmes dans son pays — où elles occupent 89 des 351 sièges du Parlement — ne peut être comparée à ce qu'elle était pendant le règne des talibans.

L'ambassadeur y est allé de ces commentaires après que plusieurs politiciens canadiens aient clairement indiqué que le Canada n'avait pas sacrifié la vie de soldats et déboursé des milliards de dollars en Afghanistan pour assister à un recul des droits des femmes.

Les opposants craignent que cette législation n'amoindrisse les gains chèrement acquis par les femmes après la chute du régime islamiste taliban.

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