Consommation d'essence - Le Canada s'alignera sur les États-Unis

Ottawa — Le gouvernement fédéral alignera les normes de consommation d'essence du parc automobile canadien sur celles des États-Unis, a annoncé hier le ministre de l'Environnement, Jim Prentice.

La mesure est présentée comme du «leadership» par le ministre, mais comme une «évidence incontournable» par les partis d'opposition et les spécialistes dans le domaine. Les industries automobiles des deux pays étant fortement intégrées, le Canada n'avait pas le choix, disent-ils. Le NPD a tout de même pris le temps de féliciter le gouvernement pour ce «pas dans la bonne direction».

Jim Prentice a fait son annonce devant le parterre de l'Economic Club, à Ottawa. «À partir de 2011, les voitures et les véhicules utilitaires légers rejetteront moins de dioxyde de carbone sur l'ensemble des routes du Canada», a dit le ministre de l'Environnement.

L'administration Obama a récemment annoncé qu'il allait serrer la vis aux constructeurs automobiles, les forçant, d'ici 2011, à mettre à la disposition des consommateurs des véhicules moins énergivores. Ainsi, chaque manufacturier devra avoir une gamme de véhicules automobiles qui consomment en moyenne 7,7 litres par 100 kilomètres. La norme est actuellement de 8,5 litres par 100 km. Pour les camionnettes et les VUS, la moyenne à atteindre en 2011 sera de 9,7 litres par 100 km.

Le plein effet en 2025

Le Canada utilisera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement pour atteindre les mêmes objectifs. Le ministre et son ministère sont toutefois incapables de dire l'effet concret de cette mesure sur la diminution des gaz à effet de serre (GES) au pays. Ce n'est qu'au moment du changement de réglementation, au printemps 2010, que le ministère aura une idée de la quantité de GES qui sera réduite.

Daniel Breton, militant écologiste et spécialiste des liens entre l'automobile et l'environnement, affirme que la volonté d'Ottawa est «intéressante», mais prévisible. «Le Canada n'avait pas le choix. Les constructeurs américains n'allaient pas faire des autos différentes juste pour le petit marché canadien», dit-il. Dans son discours, Jim Prentice a d'ailleurs reconnu que 80 % des voitures produites au Canada prennent le chemin des États-Unis.

M. Breton, anciennement de l'organisme Québec-Kyoto, explique que cela va prendre plusieurs années avant de voir l'effet total de cette mesure, puisque le parc automobile canadien se renouvelle entièrement tous les 14 ans. Le plein effet sera donc visible en 2025.

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