Avions de recherche: l'opposition se range derrière le chef de l'armée de l'air

Ottawa — Les partis d'opposition à la Chambre des communes n'ont pas manqué de réagir hier à la sortie dans Le Devoir du chef d'état-major de la Force aérienne, Angus Watt.

Le Bloc québécois, le NPD et le Parti libéral ont demandé au premier ministre Stephen Harper d'intervenir rapidement dans le dossier des avions de recherche et sauvetage afin de mettre fin à la querelle entre les ministères de la Défense et de l'Industrie. Les partis d'opposition demandent au gouvernement de respecter les exigences des Forces canadiennes dans ce dossier, qui ont établi des critères de sélection précis pour choisir le nouvel appareil.

«M. Harper doit intervenir», affirme le député libéral et porte-parole de son parti en matière de défense, Denis Coderre. «Pourquoi on retarde le processus d'achat? Les critères de sélection de l'armée sont clairs. Si l'expertise dit que ça prend une vitesse précise pour remplir les besoins, il faut y accéder.»

Son de cloche similaire du côté du Bloc québécois. «Il faut laisser à l'armée le soin d'établir ses besoins. Je pense qu'il y a trop de lobbyistes dans ce projet», a dit Gilles Duceppe.

Pour la députée du NPD Dawn Black, le premier ministre doit trancher. Mme Black vit en Colombie-Britannique, où les vieux avions Buffalo qui font les missions de recherche et sauvetage ont plus de 42 ans. «Je sais à quel point on a besoin des nouveaux avions. C'est maintenant une question de leadership du premier ministre», dit-elle.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, Stephen Harper est bien au courant du dossier, puisque le ministre de la Défense, Peter MacKay, a informé le premier ministre au début du mois de mars. M. Harper n'a toutefois pas tranché le débat.

L'urgence

Dans une entrevuec publiée hier dans Le Devoir, le grand patron de l'armée de l'air, Angus Watt, s'est vidé le coeur en ce qui concerne les difficultés du projet d'acquisition de 15 à 17 nouveaux avions de recherche et sauvetage. Un projet de trois milliards de dollars qu'il devient «urgent» de lancer, dit-il. Mais les Forces canadiennes attendent le feu vert depuis décembre en raison d'une dispute entre les ministères de la Défense et de l'Industrie.

Des sources au sein du ministère de Tony Clement affirment que les critères définis par l'armée pour la sélection de l'appareil ne permettraient pas suffisamment de concurrence lors d'un appel d'offres. Industrie Canada bloque donc le projet au cabinet.

Dawn Black convient que les critères de sélection du nouvel avion sont précis au point de possiblement favoriser un manufacturier, dans ce cas-ci la firme italienne Alenia. «Ce n'est pas simple, mais il faut remplacer ces avions», dit-elle.

Dans un geste inhabituel, le chef d'état-major de la Force aérienne a défendu publiquement son projet. Il soutient qu'il ne peut pas changer ses critères. «On sauve des vies chaque jour, a dit Angus Watt. Pourquoi je diminuerais mes exigences? Si un appareil ne comble pas les besoins, combien de gens vont mourir?»

Angus Watt affirme ne pas avoir établi ses critères pour favoriser un manufacturier précis. «Je suis ouvert à n'importe quel avion qui comble nos besoins.»

Les 16 avions Buffalo et Hercules qui assurent les missions de recherche et sauvetage arrivent au bout de leur vie utile. Les deux types d'appareil ont un taux de disponibilité inférieur à 50 %.

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