Assurance-emploi: Ottawa tente d'accélérer le traitement

Curriculum vitae en main, des candidats attendent d’être reçus pour une entrevue. Le nombre de Canadiens touchant des prestations ordinaires d’assurance-emploi a atteint 560 400 en janvier, en hausse de 4,4 % par rapport à décembre.
Photo: Agence Reuters Curriculum vitae en main, des candidats attendent d’être reçus pour une entrevue. Le nombre de Canadiens touchant des prestations ordinaires d’assurance-emploi a atteint 560 400 en janvier, en hausse de 4,4 % par rapport à décembre.

Ottawa — Submergé par un afflux de nouveaux chômeurs, le gouvernement fédéral tente d'accélérer le traitement des demandes d'assurance-emploi. La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a annoncé hier l'embauche de «centaines» de fonctionnaires pour faire face à la crise, le jour même où Statistique Canada annonçait que le nombre prestataires d'assurance-emploi avait bondi de 4,4 % en un mois.

«Nous avons déjà embauché quelques centaines de personnes et nous allons en engager quelques centaines de plus pour atteindre notre objectif de livrer les prestations dans le moyen le plus efficace et le plus rapide que possible», a indiqué la ministre en point de presse. Le gouvernement conservateur a investi 60 millions, notamment pour l'embauche de personnel supplémentaire, mais aussi pour l'automatisation des demandes et l'ajout de cinq semaines de prestations supplémentaires pour les chômeurs.

Selon la ministre Finley, en ce moment, 80 % des demandes sont traitées en moins de 28 jours. Rien de plus faux, ont répliqué en choeur les trois partis d'opposition.

Les députés libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont confié recevoir quotidiennement des appels de chômeurs en détresse qui attendent depuis 50 ou 60 jours qu'on réponde à leur demande. «Il suffit de demander à l'un ou l'autre des 307 autres députés dans cette Chambre pour se rendre compte que la ministre Finley ment», s'est indigné le néo-démocrate, Thomas Mulcair.

Le député d'Outremont a rappelé que seulement 40 % des chômeurs ont droit à l'assurance-emploi. «Il y a eu 23 000 demandes d'assurance-emploi en janvier, mais 100 000 personnes ont perdu leur emploi. La question est la suivante: où sont-ils et pourquoi ne se qualifient-ils pas pour l'assurance-emploi?», s'est demandé à son tour le libéral Mike Savage.

Le bloquiste Pierre Paquette a pour sa part accusé la ministre de mettre un pansement sur un cancer. À son avis, l'annonce de l'embauche de fonctionnaires ne corrigera rien à un problème qui s'aggrave à grande vitesse. «La ministre aura beau rajouter des ressources, il n'en demeure pas moins que le traitement des demandes passe à travers un filtre de critères qui sont ingérables, et on le voit en période de crise économique», a soutenu M. Paquette.

L'opposition s'entend sur le fait que le système doit être simplifié pour être plus efficace. «La seule solution, c'est d'avoir un régime beaucoup plus simplifié, avec une accessibilité uniforme pour tout le monde, que l'on considère le traitement des demandes avec bonne foi [...] et que l'on abolisse le délai de carence», a fait valoir M. Paquette.

Hausse de 4,4 % en janvier

Ainsi, au dernier décompte, le nombre de Canadiens touchant des prestations ordinaires d'assurance-emploi a atteint 560 400 en janvier, en hausse de 4,4 %, ou de 23 700 personnes, par rapport à décembre, indiquent des données provisoires publiées hier par Statistique Canada. La variation entre janvier 2008 et janvier dernier est de 21,3 %.

D'un mois à l'autre, la croissance du nombre de prestataires a été particulièrement forte en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario, ces provinces ayant toutes affiché des augmentations supérieures à la moyenne nationale, soit 10,5 %, 9 % et 6,2 %. Au Québec, le nombre de bénéficiaires touchant des prestations ordinaires a augmenté de 3,1 % en janvier par rapport à décembre. Au Nouveau-Brunswick, une baisse de 0,1 % a été observée. Deux autres provinces ont affiché des baisses d'un mois à l'autre, soit l'Île-du-Prince-Édouard (-3 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (-0,1 %).

Une province, la Nouvelle-Écosse, a vu le nombre de prestataires demeurer stable en janvier.

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