Le «pétrole sale» de l'Alberta - Portrait dévastateur d'une industrie polluante

Les installations de Syncrude, à Fort McMurray, en Alberta.
Photo: Agence France-Presse (photo) Les installations de Syncrude, à Fort McMurray, en Alberta.

Photos saisissantes à l'appui, l'édition du mois de mars du réputé magazine National Geographic dresse un portrait dévastateur de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta. Un article qui risque d'entacher encore davantage la réputation du Canada à l'étranger et qui a d'ailleurs fait réagir la classe politique hier à Ottawa.

C'est une publicité dont les défenseurs des très polluants sables bitumineux se seraient bien passés. Pas moins de 24 pages du National Geographic où l'on traite en long et en large des ravages provoqués sur l'environnement et le paysage par cette industrie pétrolière déjà dépeinte comme une source d'énergie des plus sales.

Qui plus est, on présente une photographie de la région où se trouvent les gisements de l'Athabasca dans son état naturel, c'est-à-dire parsemée de lacs et de forêt boréale intacte. Apparaît ensuite la nature complètement dévastée où les lacs sont devenus des étangs grisâtres et les forêts, des routes boueuses où circulent d'immenses camions chargés de sable bitumineux. Un véritable ground zero environnemental.

L'auteur de l'article qualifie même de «sombres» et «sataniques» les usines de Syncrude et Suncor, dans le secteur de Fort McMurray, où sont transformés les sables bitumineux au prix d'un important effort énergétique. Il interroge également de nombreux environnementalistes ainsi qu'un autochtone issu d'une réserve près de la rivière Athabasca qui a vu sa vie bouleversée avec le développement de l'exploitation pétrolière. Bref, un coup dur pour l'industrie pétrolière albertaine.

Sachant que le National Geographic a plus de 50 millions de lecteurs et est traduit en 32 langues, est-ce que ce reportage est de nature à assombrir la réputation du pays? Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, ne s'en formalise pas outre mesure. «Le point important est que nous avons établi un dialogue avec les États-Unis et nous mettons l'accent sur la technologie et l'innovation, où l'on s'assure que nous réduisons collectivement notre production de gaz carbonique», a-t-il dit à sa sortie des Communes, hier.

En entrevue à la chaîne CBC la semaine dernière, Barack Obama a évité de parler de «pétrole sale» à propos des sables bitumineux, reconnaissant plus subtilement que ceux-ci ont «une importante empreinte écologique».

Le chef libéral a quant à lui refusé de prendre part à un débat qui risque de «diviser» le pays. «Je ne vais pas diviser le pays avec un discours anti-sables bitumineux», a dit Michael Ignatieff. «Je ne tire pas mes conclusions sur une industrie canadienne des propos de National Geographic ou qui que ce soit sur où nous en sommes avec les sables bitumineux, a-t-il ajouté. C'est une industrie énormément importante, pas seulement pour l'Alberta mais pour tout le pays.»

Le néo-démocrate Thomas Mulcair juge pour sa part que le chef libéral ne veut pas se prononcer contre cette industrie pour tenter de gagner des appuis dans l'Ouest. Selon lui, le Canada est un «délinquant environnemental». «Depuis leur arrivée, les conservateurs ont complètement enlevé toute référence au respect du protocole de Kyoto, qui est pourtant signé par le Canada, entré en vigueur, et fait partie de notre droit. Donc, on fait fi du droit international avec notre exploitation des sables bitumineux et on est en train de détruire l'environnement. C'est une honte à l'échelle planétaire.»

Les bloquistes ont eux aussi dénoncé de nouveau la position des conservateurs dans ce dossier. Gilles Duceppe a répété que Stephen Harper est «totalement lié aux pétrolières, pour ne pas dire vendu aux pétrolières».
2 commentaires
  • Jérôme Brisset - Inscrit 26 février 2009 18 h 52

    Assez de ce sale gouvernement!!

    Nous devons mettre encore plus de préssion sur ce gouvernement sale et malhonnête-apès tous, il nous représente! La honte...

  • Chryst - Inscrit 1 mars 2009 15 h 55

    On s'en fout

    Les répercussions environnementales; c'est le dernier souci de ces gouvernements.