Dépenses électorales - L'opposition relance son enquête

Ottawa — L'élection 2008 n'aura finalement pas eu raison de la volonté des partis d'opposition de faire la lumière sur le stratagème utilisé par le Parti conservateur au scrutin précédent pour potentiellement dépenser plus que permis par la loi. Le Bloc québécois a réussi hier à faire voter une demande d'enquête.

En septembre, Stephen Harper avait évoqué les diverses enquêtes partisanes menées par les comités parlementaires dominés par l'opposition pour dissoudre un Parlement devenu à son avis dysfonctionnel. Il semble que le scrutin n'a eu aucun effet. Hier, le Comité sur l'éthique a choisi de reprendre là où il l'avait laissée son étude des dépenses électorales des candidats conservateurs en 2005-06.

Parrainée par la député Carole Freeman, la motion permet de poursuivre les travaux interrompus par la dissolution du Parlement. Les témoins qui avaient boudé leur assignation à comparaître devront s'expliquer au risque d'être condamnés pour outrage. La motion a été adoptée à 6 voix contre 5, le vote du président libéral Paul Szabo ayant été nécessaire pour briser l'égalité.

«Je suis très heureuse, c'est une grande victoire», a déclaré Mme Freeman. Au contraire, le conservateur Russ Hiebert voit dans le tout «une chasse aux sorcières». «Si les Canadiens étaient préoccupés par cela, ils auraient voté en conséquence, mais ils ont décidé de nous réélire», fait-il remarquer.

Le Parti conservateur est sous enquête d'Élections Canada pour avoir apparemment dépensé 1,1 million de dollars en trop lors de la campagne électorale de 2005-06. Le PC ayant dépensé le maximum permis par la loi, il a quand même acheté plus de publicités, mais en a imputé illégalement les coûts à ses candidats locaux, qui sont soumis à des limites de dépenses distinctes. Pour camoufler le tout, le Parti conservateur a versé de l'argent dans les caisses de ses candidats puis leur a envoyé de fausses factures du même montant, allègue Élections Canada.

Le comité avait commencé à fouiller ce dossier au cours de l'été. Aucun représentant du Parti conservateur n'avait daigné témoigner, incluant le grand argentier Irwin Gerstein et l'organisateur politique de la région de Québec, Michel Rivard. Les deux hommes sont aujourd'hui sénateurs et ne peuvent plus être forcés à comparaître.

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