Vancouver 2010: Ottawa paiera le gros de la sécurité

Ottawa — La Colombie-Britannique a obtenu gain de cause auprès du gouvernement Harper: Ottawa assumera 72 % des coûts de la sécurité des Jeux olympiques de Vancouver 2010, soit davantage que les 50 % prévus.

Et si la facture pour assurer la sécurité des Jeux olympiques continue de gonfler d'ici à la fin de l'événement, c'est uniquement le gouvernement fédéral — et donc les contribuables de tout le pays — qui épongera les dépassements imprévus. C'est ce que révèle la nouvelle entente signée entre Ottawa et Victoria concernant le partage des coûts de la sécurité, consultée par Le Devoir.

Jeud soir, précisément à 18h50, alors que la visite de Barack Obama occupait tous les journalistes à Ottawa, le gouvernement Harper a confirmé par communiqué de presse que les coûts pour assurer la sécurité de cet événement mondial allaient finalement atteindre 900 millions de dollars. C'est cinq fois le montant prévu lors de la candidature de la ville, qui était de 175 millions.

La première entente sur le partage des coûts, signée entre Ottawa et Victoria le 8 décembre 2006, stipulait que les deux ordres de gouvernement devaient diviser la facture à parts égales. Le nouvel accord, signé le 31 janvier dernier, laisse tomber cette clause importante.

Ainsi, la Colombie-Britannique s'engage à payer 252,5 millions de dollars, alors que le fédéral assumera 647,5 millions. Et si la facture gonfle de nouveau d'ici à la fin de l'événement, c'est Ottawa qui épongera tous les coûts imprévus. «Le gouvernement fédéral assumera les coûts restants et les coûts imprévus liés à l'élaboration et à la mise en place des opérations de sécurité pour les Jeux», peut-on lire.

Il y a une dizaine de jours, à la sortie d'un comité parlementaire, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Peter Van Loan, avait d'ailleurs admis que l'estimation des coûts de la sécurité d'un aussi gros événement est une science très inexacte. «On planifie pour un certain niveau de sécurité, mais on va savoir le vrai coût seulement à la fin des Jeux olympiques», avait-il dit, ajoutant: «On va faire tout ce qu'il faut pour que les Jeux soient sécuritaires.»

Retour sur investissement

Le partage de la facture n'est toutefois pas la seule surprise de ce contrat entre les deux gouvernements. Au paragraphe 5.03, on peut lire que l'entente accorde à la Colombie-Britannique un retour de 250 millions de dollars en «actifs» de sécurité à la fin des Jeux.

Le document ne donne aucun exemple, mais on peut supposer que plusieurs équipements seront donnés à la province après l'événement, que ce soit des caméras de surveillance, des détecteurs de métaux et d'explosifs, des véhicules tout-terrains, des barrières métalliques et ainsi de suite.

Certaines constructions (hangars, petits immeubles, etc.) pour la sécurité pourraient aussi être considérées comme des actifs. Le tout devra être négocié entre les deux gouvernements, peut-on lire.

Le document précise que les dépenses en «actifs» de sécurité, donc les achats et constructions nécessaires, devraient atteindre 498 millions de dollars. Jusqu'à ce montant, les actifs seront divisés à parts égales entre Ottawa et Victoria.

C'est donc dire que les 252 millions en frais de sécurité dépensés par la Colombie-Britannique ne le seront pas en vain, puisque des actifs équivalents reviendront à la fin des Jeux.

Il n'a pas été possible de savoir pourquoi les actifs de sécurité seront partagés 50-50 pour les 500 millions prévus, alors que le montant total de la facture de sécurité (900 millions) sera assumé en plus grande partie par Ottawa.

«Le gouvernement du Canada et ses partenaires ont adopté une approche globale pour la planification des mesures de sécurité, et nous sommes dans la bonne voie pour assurer la sécurité des Jeux», a dit Peter Van Loan par voie de communiqué, laissant entendre que cet événement est considéré comme ayant des retombées pancanadiennes, ce qui justifie peut-être la plus forte contribution du fédéral.

212 millions au ministère de la Défense

Quand on regarde en détail quels institutions et organismes fédéraux dépenseront le plus pour la sécurité des Jeux de Vancouver 2010, on se rend compte, sans surprise, que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) arrive en tête, avec 492 millions de dollars (sur le total de 900 millions). C'est la GRC qui est le chef d'orchestre dans le domaine de la sécurité. Elle assurera la sécurité des athlètes, des entraîneurs, des dignitaires et des autres participants durant les Jeux.

Les Forces canadiennes, qui prévoient déployer 4000 soldats, débourseront quant à elles 212 millions de dollars. Transports Canada assumera 34 millions, notamment pour des services aériens le long du corridor Sea-to-Sky, entre Vancouver et Whistler, et pour veiller au mouvement sécuritaire des avions durant les Jeux. Transports Canada devra aussi mener des inspections dans les transports, peut-on lire.

Le Service canadien du renseignement de sécurité aura un budget de 11 millions, alors qu'Industrie Canada dépensera 10 millions pour mettre en place un réseau de communication à large bande.

Le gouvernement du Canada a également prévu 137 millions en guise de réserve pour éventualités, au cas où des événements imprévus nécessiteraient la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires.

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