Reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham - André Juneau appelé à s'expliquer à Ottawa

Le Comité du patrimoine à la Chambre des communes a convoqué à Ottawa pour le 25 février le président de la Commission des champs de batailles nationaux, André Juneau. L'argument qui a convaincu les conservateurs? M. Juneau, un libéral, est un fervent partisan de la «visibilité commanditée» du Canada dans la capitale du Québec.

Québec — André Juneau devra aller expliquer devant le Comité du patrimoine son projet de commémoration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham. Le comité a voté hier, dans une session à huis clos, une motion convoquant le président de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) à Ottawa le 25 février. «On veut savoir combien ça coûte et qui est-ce qui va payer, entre autres», a déclaré la député bloquiste Carole Lavallée, qui a proposé la motion.

Après le premier tollé qu'a soulevé le projet de reconstituer la fameuse confrontation entre Wolfe et Montcalm (le premier ministre du Québec ayant dit qu'il n'y participerait pas), M. Juneau avait admis, à la fin de janvier, qu'il devait repenser «l'angle» dans lequel la commémoration avait été pensée et qui donnait place à des événements festifs, notamment un bal masqué.

Depuis, il s'est enfermé dans un profond mutisme, refusant toute demande d'entrevue et faisant dire qu'il était en consultation avec des historiens pour présenter son projet sous un nouveau jour. Il devait livrer le résultat de ses rencontres lors d'une conférence de presse en début de semaine, mais celle-ci a été repoussée à une date indéterminée.

La contestation n'a pas cessé de prendre de l'ampleur. Le Parti québécois, après avoir demandé dans un premier temps qu'aucun gouvernement ne participe à l'événement, a finalement imité le Bloc québécois, qui avait carrément réclamé son annulation. Une pétition de 80 personnalités, dont l'ancien président de la Commission de la capitale nationale, Pierre Boucher, et le politologue Louis Balthazar, a été lancée pour réclamer l'abandon de la reconstitution. Le mouvement Impératif français et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal tiendront une manifestation le 22 février sur la colline du Parlement, à Ottawa. Le Réseau de résistance du Québécois, après avoir promis d'aller faire du grabuge cet été sur les Plaines, a ouvert un site Internet hostile au projet de la CCBN.

Jusqu'à maintenant, la porte-parole de la Commission, Joanne Laurin, avait toujours été formelle: il n'était pas question que la reconstitution de la bataille des Plaines soit annulée. «On continue comme prévu.» Mais hier en fin de journée, Mme Laurin, en entrevue avec La Presse canadienne, a soutenu qu'elle n'était plus en mesure de confirmer que l'événement commémoratif se tiendrait comme prévu. «Je ne peux pas rien vous confirmer, a-t-elle déclaré. Je ne peux pas vous confirmer ni vous infirmer.» La CCBN a aussi dû démentir hier la rumeur selon laquelle certains membres de son conseil d'administration auraient démissionné en raison des commémorations du 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham.



L'argument des commandites

La bloquiste Carole Lavallée croit qu'avec la comparution de M. Juneau, les élus à Ottawa pourront ramasser les «derniers débris du programme des commandites». C'est cet argument qui, selon plusieurs sources à Ottawa, a poussé des membres conservateurs du comité à appuyer la motion du Bloc. Les libéraux et les néodémocrates, eux, ont choisi de s'y opposer.

M. Juneau a été nommé en 1995 à la tête de la CCBN. «Ardent fédéraliste» et libéral, il était très proche de Jean Pelletier lorsque ce dernier — décédé récemment — était chef de cabinet du premier ministre Jean Chrétien. À l'époque du programme des commandites, M. Juneau fut très actif. Il avait sollicité des fonds à plusieurs reprises au responsable du programme, Alfonso Gagliano, alors ministre libéral des Travaux publics.

Mme Lavallée rappelle que, dans une lettre à M. Gagliano en 1999, M. Juneau avait décrit le rôle du Parc des champs de bataille comme un instrument politique: «La pression politique dans la capitale de la province de Québec est considérable avec un gouvernement obsédé par ses "conditions gagnantes" et qui utilise tous les moyens pour amenuiser les initiatives fédérales, notamment [par] sa Commission de la capitale nationale du Québec», écrivait-il en réclamant un budget non récurrent de 200 000 $ pour les célébrations de l'an 2000. La semaine dernière, le Bloc a exhumé un document de planification stratégique de 1998-99 préparé par Gosselin communications et dans lequel on proposait de promouvoir le gouvernement du Canada sur les plaines d'Abraham grâce à des rappels de l'histoire.
5 commentaires
  • Lorraine Dubé - Inscrite 12 février 2009 09 h 00

    Paradoxe d'Ottawa! Cette commémoration doit être annulée comme celle annulée en France en 1997 par les pressions d'Ottawa envers le gouvernement Français

    Voici un bel exemple du paradoxe d'Ottawa.
    À lire absolument cette lettre écrite en 1997 et qui est encore d'actualité, avec le 400e de Québec et plus près, la commémoration de la bataille des Plaines.

    Le Devoir
    Idées, lundi, 27 octobre 1997, p. A9

    Pas de timbre? Mieux encore!

    Mallen, Pierre-Louis

    Membre de l'Institut de France, Académie des sciences morales et politiques, Paris

    J'avais, il y a bientôt deux ans, mis l'édition d'un timbre commémoratif sur la liste de la vingtaine d'opérations qu'il serait bon de réaliser en 1997 pour célébrer le 30e anniversaire de l'historique visite du général de Gaulle au Québec.

    J'ai l'expérience de telles éditions; en 1989, j'avais provoqué, obtenu, dessiné une semblable commémoration pour le 450e anniversaire de l'ordonnance de Villers-Cotterêts, par laquelle François 1er décida que, en France, on parle «le langage maternel français et non autrement». Je sais comment faire et connais aussi la limite des satisfactions qu'on peut en retirer.

    En 1997, cela ne s'est pas passé comme prévu. Le timbre n'a pas paru; l'effet produit a été cent fois supérieur à celui qu'on pouvait espérer.

    Mon timbre de 1989 avait été tiré à 14 millions d'exemplaires; j'avais assisté, le «Premier Jour», à une belle cérémonie dans le château de Villers-Cotterêts... Tout cela était satisfaisant mais a très vite passé et peu en ont parlé.

    En 1997, il s'est trouvé une autorité aussi impudente que malveillante pour s'opposer à mon projet. Cette obstruction a donné à mon idée une publicité inouïe; on a cent fois plus parlé de mon timbre que s'il était sorti normalement, ne retenant l'attention que des milieux philatélistes.

    En prenant à son compte les criailleries d'un quarteron d'anglophones rancis, le gouvernement fédéral du Canada s'est mis dans une situation très embarrassante, tout à fait étrangère aux traditions diplomatiques. Le gouvernement fédéral du Canada s'est mis dans une situation très embarrassante, tout à fait étrangère aux traditions diplomatiques. Le gouvernement français - aussi bien celui à direction socialiste que son prédécesseur gaulliste - voyait avec peine un diplomate ami contraint de faire une démarche sans précédent dans l'histoire de la diplomatie. C'est ce que le secrétaire d'État chargé de la Poste a essayé de faire comprendre, le 21 août dernier, à l'ambassadeur du Canada venu lui réitérer que les autorités d'Ottawa désiraient que la visite du général de Gaulle au Québec ne soit pas commémorée par un timbre.

    Le Canada ne sait pas ce que c'est que la souveraineté. Il a peur du mot dont il connaît mal le sens; c'est pourquoi il fait tout pour empêcher les Québécois d'être souverains. C'est pourquoi aussi, non pas audacieux mais inconscient, lui, simple puissance anglophone de second ordre, il s'est permis de sommer la France de modifier le programme annoncé de sa fabrication de timbres.

    Bien sûr, je regrette que la France ait cédé. Mais je l'excuse car je la comprends; elle a réagi comme nous faisons avec un enfant mal élevé. Si c'est mon gamin qui dit «merde!», je lui donne une gifle; si c'est celui d'un voisin et ami, je souris complaisamment en faisant semblant d'avoir entendu une plaisanterie.

    Que reste-t-il de tout cela? Aux yeux de ceux qui connaissent l'Histoire et la civilisation diplomatique, Ottawa s'est ridiculisé en ignorant qu'éditer un timbre est un acte régalien comme de battre monnaie et en prenant l'air de faire un geste que ne s'étaient permis ni Charles Quint, ni Guillaume II, ni Hitler qui, si ennemis qu'ils fussent de la France, respectèrent tout de même les règles du jeu. Je ne cite que pour mémoire l'Allemagne actuelle; elle n'a jamais commis la maladresse de critiquer les nombreux timbres que la France, devenue sa meilleure amie, émettait à la gloire de l'homme du 18 juin, qui fut un des vainqueurs du Reich.

    Ottawa a commis la bévue de prétendre entraver la célébration du geste historique le plus amical fait pour le premier peuple fondateur du Canada. Celui-ci ne l'oubliera pas. Les Québécois se souviendront que lorsqu'un des plus grands personnages du siècle vient les saluer et leur souhaiter les deux plus grands biens qui soient, la vie et la liberté, le geôlier qui les surveille n'admet pas qu'on en parle.

    Ces Québécois ont un gouvernement. J'ai parlé du timbre à ses plus hauts niveaux; voici le dialogue: «Avez-vous dit aux autorités françaises que vous souhaitiez l'émission de ce timbre?» - «Oui.» - «Avez-vous ajouté que le Québec serait mécontent si la France cédait aux pressions du Canada?» - «Non; nous respectons trop la souveraineté de la France pour nous permettre d'intervenir dans un acte régalien.»

    Voilà un pays, le Québec, qui sait ce que c'est que la souveraineté! Il mérite d'en jouir; et voilà un pays qui ignore ce que c'est, le Canada, qui croit en être pourvu mais ne l'exerce que confusément, qui ne sait pas très bien s'il est encore ou non une colonie et, en outre, se sent vassal de la grande puissance voisine. Le Québec, lui, n'a jamais été une simple colonie; dès Louis XIV, la Nouvelle-France «dite vulgairement Canada» (pour reprendre les vieux textes) est une province de la France, au même titre que l'Auvergne (pour citer ce qu'il y a chez nous de plus central); il est normal qu'il se conduise mieux que cette colonie mal décolonisée qui s'appelle Canada.

    Je n'ai pas le droit - c'est confidentiel - de raconter la fin de ma conversation au très haut niveau du gouvernement québécois. Mais je la résume: Nous n'avons pas eu le timbre commémoratif du 30e anniversaire du «Vivre le Québec libre!», mais nous aurons une magnifique revanche, qui dépassera tout ce dont je pouvais rêver. Merci, cher Québec!

    © 1997 Le Devoir. Tous droits réservés.

    Numéro de document : news·19971027·LE·036

  • Yves Côté - Abonné 12 février 2009 10 h 15

    Merci

    Merci à Monsieur Robitaille sans le travail de qui on nous ferait avaler plus de couleuvres que d'autres choses.
    Merci à Madame Dubé pour sa mémoire des événements et pour le temps qu'elle utilise à nous faire partager ses connaissances.
    Les Québécois ne sont jamais aussi intelligents que lorsqu'ils mettent en commun leurs réflexions. L'aide de nos amis Français n'y gâchant rien.
    Au final, en conclusion de tout ce remue-ménage, remue-méninges, peut-être finirons-nous par nous dire qu'il y a encore passablement d'espoir de liberté en ce monde ?

  • Alain Lavallée - Inscrit 12 février 2009 11 h 19

    comité du 25 février et lettre Mme Dubé et M. Pelletier

    Avant de commenter l'article de M" Robitaille, je dis merci à Mme Dubé de nous rappeler cette intervention d'Ottawa en 1997 pour empêcher l'émission d'un timbre. Cela rejoint ce que M" Robitaille dévoilait le 3 février dernier en première page du Devoir, que M. Juneau et le Canada avait opposé leur veto à la réalisation d'une "Allée de France" (sculptures de Rodin, Claudel, Bourdelle) menant aux Musée des beaux-arts du QUébec... a proximité du monument de Wolfe... il n'était pas question de ""réécrire l'histoire"", sous entendu c'est Wolfe qui a triomphé sur les Plaines pas la France.

    La lecture des Rapports ministériels de Patrimoine Canada de 1997 à 2003 en particulier montre éloquemment que la CCBN de M. Juneau s,abreuvait à "l'esprit et au corps" de ce très tristement célèbre programme. Par exemple en 1998 et 1999 on peut y lire que la "Vision" de la CCBN est de faire en sorte que ce parc historique ""contribue au renforcement de l'unité canadienne" que l'un des partenaires du CCBN était le ""Bureau d'information du Canada"" (de M. Gagliano) et que leurs projets étaient """financement d'outils de communication", "financement d'activités populaires", "commandite d'événements sur les plaines en support à la visibilité du gouvernement canadien""..... etc....

    Très intéressant le rapprochement que vous faites avec M. Jean Pelletier. Comme il l'a rappelé dans sa dernière entrevue avant de mourir M. Pelletier a été un bon "soldat" du Canada. Voici ce qu'il a dit du référendum de 1995 (notez que M. André Juneau a été nommé au CA de la CCBN, le 18 octobre 1995 précisément au moment que réfère Jean Pelletier dans son témoignage:

    """"""", on s'est aperçu de la force de M. Bouchard. À 10 jours du scrutin, samedi matin, M. Chrétien était à New York, au 50e anniversaire des Nations unies si je me souviens bien; John Rae était à Montréal, Goldenberg était à Ottawa, j'étais à Québec, on était tous en conférence téléphonique : on était sept points en arrière. Là, Chrétien a dit : «On embarque, on demande plus de permission à personne.» On s'est fiché très franchement du comité du Non. Les ministres anglophones grondaient, ils voyaient ça aller. Brian Tobin et les autres ont organisé le fameux rendez-vous du vendredi à Montréal. Ils n'ont pas demandé de permission. Ils ont fonctionné.

    L'assemblée de Verdun le mardi soir, l'allocution à la nation, le rendez-vous de Montréal, l'entrevue d'une heure avec Mongrain à la télévision, puis Chrétien le dimanche soir à Hull. On a embrayé pour que ça fonctionne.

    Juste pour vous dire à quel point on travaillait sous pression et à la dernière minute, c'est mon chauffeur qui est allé porter à Radio-Canada, les cassettes de l'allocution télévisée du premier ministre sur les grands réseaux canadiens. Il est arrivé quatre minutes avant la mise en ondes.

    Q Quelle a été la réaction des gens autour de Daniel Johnson?

    R Ils ne l'ont pas trop dit . Dans le fond, ils sentaient qu'on était en train de perdre le référendum. Ils ne savaient pas quoi faire non plus. Ils n'aimaient pas cela qu'on prenne le contrôle mais on s'en fichait et on ne s'en est pas occupé.

    Q À ce moment-là, aux activités comme le grand love-in à Montréal, vous êtes-vous posé des questions sur le financement?

    R Je ne m'en souviens pas. Dans la guerre, on ne se demande pas si les munitions sont payées, on les tire.

    Q Je veux dire le financement par rapport à la Loi référendaire.

    R Non. Il y en a peut-être qui se sont posé ces questions-là, mais pas moi. Des ordres de marche, puis salut! Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d'une virgule dans la loi?

    Q Qu'est-ce qui se serait passé si le Oui avait eu 50,1 % ?

    R De l'autre côté? Ça aurait été épouvantable et pour le Québec et pour le Canada.

    Q Aviez-vous un plan B à Ottawa à ce moment-là?

    R Non, pas de plan B. Les gars du Conseil privé en avaient peut-être, mais nous autres, on ne discutait pas de cela.

    Q C'était pas cela la priorité, c'était de gagner?

    R C'était de gagner. On était coincé. On allait perdre le pays. Deux jours après le référendum qu'on a gagné par la peau des fesses, Chrétien est allé comme conférencier au grand dîner bénéfice à Toronto. Quand on est entré dans la salle, il y avait 2000 personnes; l'atmosphère était lourde. Voici le premier ministre qui a failli perdre le pays. Chrétien a fini son discours, il est sorti de son texte et il leur a dit en anglais : «Je prends l'engagement formel devant vous : I will never let Canada down. You understand.» Évidemment la foule l'a applaudi. Il y avait un silence de mort. Je me suis dit : «Bon, on y est pour quelques mois de brassage.»"""""""""""""""

    Le Soleil, Le référendum de 1995: perdre le pays pour une virgule dans la loi? Gilbert Lavoie, le 14 janvier 2009

  • Robert Lortie - Abonné 12 février 2009 14 h 14

    On ne peut découper l'Histoire en tranches

    L'idée de commémorer des batailles en les mimant est assez étrange en soi. Je dis mimer, car je ne crois pas que les acteurs qui s'adonnent à ce passe-temps lugubre puissent rendre avec justesse les cris des blessés, les hurlements de ceux qu'on essaie de soigner en les amputant à froid, les râles des agonisants, et les suppliques de ceux qu'on achève à l'arme blanche.

    Là où ça devient choquant, c'est quand on décide de faire une fête autour de la commémoration. Qu'y a-t-il à fêter au juste ? La défaite d'un peuple, son entrée dans le giron de la couronne britannique, tellement supérieure à la française ?

    Fêterez-vous aussi le bombardement de la ville de Québec, et les pertes civiles, fêterez-vous les fermes saccagées, et le viol de celles qui y vivaient ? Devrait-on fêter la proclamation royale de 1763 et l'introduction du serment du test ?

    L'Histoire est un tout et son découpage est parfois tendancieux, toujours délicat.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 12 février 2009 18 h 31

    Initiative impérialister

    Il y en a qui veulent célébrer notre défaite, quelle aberration!

    Après que 60% de la majorité française historique du Québec ait voté oui à la souveraineté, une agence fédérale veut nous endormir en montrant Wolfe et Montcalm se serrer la main sur les Plaines après que les Goddam en rouge auront mis en en déroute des canayens en bleu. Voilà une autre preuve que le gouvernement d'Ottawa est étranger à notre vie nationale, impérialiste et colonisateur. Une autre preuve qu'il est grand temps de contrecarrer l'intrusion d'Ottawa dans notre vie nationale.

    La bataille des Plaines n'est pas terminée. Elle le sera quand les Québécois sortiront le Canada du Québec et reprendront possession de leurs Plaines dont le fédéral s'est emparé. En tant que Québécois, assumons cette défaite de 1760, mais luttons tous unis ensemble pour reconquérir notre pays.

    Vivement sortir le Canada du Québec! Et reprendre les Plaines qui nous appartiennent.

    Il faut exiger dès maintenant l'annulation de cet évènement aberrant.