Le Bloc demande d'annuler la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham

Photo: Antoine Robitaille 
À l’entrée des plaines d’Abraham, l’ambiguïté demeure sur le nom de l’allée qui mène au monument en l’honneur du général Wolfe. Un panneau blanc, en français, installé il y a longtemps par la Ville de Q
Photo: Photo: Antoine Robitaille À l’entrée des plaines d’Abraham, l’ambiguïté demeure sur le nom de l’allée qui mène au monument en l’honneur du général Wolfe. Un panneau blanc, en français, installé il y a longtemps par la Ville de Q

Québec — Qualifiant André Juneau, le président de la Commission des champs de bataille (CCBN), de «défenseur de la visibilité canadienne de l'époque des commandites», le Bloc québécois a demandé hier au gouvernement Harper d'annuler la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham, prévue pour début août.

«Que ce gouvernement ait le respect qu'il doit à la nation québécoise et qu'il exige de la Commission des champs de bataille qu'elle annule immédiatement cette célébration de la Conquête. Il y a toujours bien des limites à rire d'un peuple», a pesté le député de Montmorency et whip bloquiste Michel Guimond, hier, à la Chambre des communes. Ce dernier estime que le gouvernement conservateur défend aujourd'hui une activité qui s'apparente à «ce que défendait Jean Chrétien avec son programme des commandites», c'est-à-dire «enfoncer le Canada dans la gorge des Québécois, peu importe le moyen».

C'est en début de semaine prochaine qu'on saura si la CCBN renonce ou non à son projet. «Nous ferons une conférence de presse qui nous permettra de remettre les pendules à l'heure», a répondu hier Joanne Laurin, porte-parole de la Commission. Mme Laurin a exclu que la Commission abandonne les commémorations. «On continue comme prévu», a-t-elle dit.

M. Juneau n'était toujours pas disponible pour des accorder des entrevues hier. Il chercherait actuellement une manière de présenter de nouveau le programme du 250e anniversaire de la bataille des Plaines pour le rendre «plus acceptable». Il a consulté deux professeurs du département d'histoire de l'université Laval, Michel De Waele et Alain Laberge, pour l'aider dans sa réflexion.

Un rôle politique

Au reste, dans une lettre du 26 octobre 1999 dont Le Devoir a obtenu copie hier, M. Juneau décrivait sa vision de la Commission des champs de bataille comme étant profondément «politique». Il implorait l'aide du ministre des Travaux publics de l'époque, Alfonso Gagliano, responsable des commandites, pour qu'il l'aide à faire face au gouvernement du Québec. «La pression politique dans la capitale de la province de Québec est considérable avec un gouvernement obsédé par ses "conditions gagnantes" et qui utilise tous les moyens pour amenuiser les initiatives fédérales, notamment [par] sa Commission de la capitale nationale du Québec», écrivait-il en réclamant un budget non récurrent de 200 000 $ pour les célébrations de l'an 2000. M. Juneau soutenait que la CCBN était en «situation privilégiée» pour «assurer, par le biais des activités sur les plaines d'Abraham, la visibilité du gouvernement canadien dans la capitale de Québec».

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