Ignatieff attirerait à lui les conservateurs du Québec

Québec et Ottawa — Bon nombre de Québécois ont «cristallisé leur point de vue face aux conservateurs» et «ont le goût» de découvrir Michael Ignatieff, croit le lieutenant québécois de ce dernier, Denis Coderre. Le député de Bourassa était en opération charme à Québec hier, où il a annoncé que le Parti libéral du Canada tiendrait un Conseil général les 21 et 22 mars. Le nouveau chef libéral y sera aussi le 16 février. Il effectuera ainsi plusieurs séjours dans cette ville où le parti de Stephen Harper détient pratiquement tous les sièges.

Depuis qu'il s'est donné un nouveau chef, le PLC remonte dans l'opinion. C'est ce que confirme un sondage interne du Bloc québécois dont Le Devoir a obtenu les résultats. Effectuée par la firme habituelle du parti, Repère communication, l'enquête indique que le départ de Stéphane Dion et l'arrivée de M. Ignatieff change la donne au Québec.

Le Bloc demeurerait toutefois largement en avance, particulièrement chez les électeurs francophones. La remontée du PLC semble se produire au détriment du PC. Le Bloc récolte 40 % des intentions de vote, ce qui est semblable aux résultats du dernier scrutin fédéral, en octobre dernier (38,1 %).

Michael Ignatieff hisse cependant son parti à 30 %, soit bien plus que les 23,7 % du 14 octobre dernier. Le Parti conservateur semble poursuivre sa chute, avec 14 % des intentions de vote (21,7 % aux dernières élections). Le NPD est stable, avec 11,7 %. Le Parti vert récolte 4 %.

Chez les francophones, qui décident du sort de la majorité des circonscriptions au Québec, le Bloc domine sans partage, avec 47,3 % des intentions de vote. Le PLC obtient 23 %, suivi du PC (13,2 %) et du NPD (11,8 %). Les libéraux dominent largement chez les anglophones et les allophones.

Invitée à commenter la présence de M. Coderre à Québec hier et le «vent» qui semble favorable au PLC, la ministre des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, s'est montrée caustique. «C'est assez surprenant qu'un gars de Montréal [vienne] sentir comment le vent tourne à Québec.» Ce serait là une conduite «surprenante». «Notre focus à nous, c'est l'économie. On laissera Denis Coderre évaluer le vent.»

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