Les réactions au Canada anglais - Le budget frustre l'Atlantique mais réjouit l'Ontario

Ottawa — Les provinces canadiennes ne sont pas toutes sur la même longueur d'onde concernant le budget fédéral dévoilé mardi. Pendant que le premier ministre de Terre-Neuve déterrait la hache de guerre hier, ceux de l'Ontario et de la Colombie-Britannique applaudissaient le gouvernement Harper.

Le Québec n'est pas la seule province à être déçue par de grands pans du budget Flaherty. Le premier ministre de Terre-Neuve, le conservateur Danny Williams, a fustigé Stephen Harper hier, l'accusant de vouloir «estropier» sa province. Il a même demandé aux libéraux de Michael Ignatieff de renverser le gouvernement Harper.

Terre-Neuve n'accepte pas les transformations au régime de péréquation, lesquelles feront perdre 1,5 milliard de dollars à la province sur trois ans.

Selon Danny Williams, Stephen Harper «punit» la province pour les piètres résultats de son parti lors du dernier scrutin fédéral. «En ces temps économiques difficiles, on dirait qu'il veut estropier notre province. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça», a dit Danny Williams.

Le premier ministre de Terre-Neuve dit avoir tenté de faire la paix avec Stephen Harper depuis la dernière campagne électorale fédérale acrimonieuse, où il avait invité ses concitoyens à rejeter les conservateurs. «J'ai tenté d'être constructif, j'ai fait des suggestions pour le budget. Mais j'ai reçu une claque au visage», a-t-il dit.

Tout comme la plupart des autres premiers ministres provinciaux, Danny Williams aurait également souhaité davantage de changements à l'assurance-emploi. Ottawa a décidé d'étendre les semaines de prestations, qui passent de 45 à

50 semaines. Mais il n'a pas touché aux critères d'admissibilité, de sorte qu'il n'y a pas plus de citoyens qui ont droit aux prestations.

L'Ontario et la Colombie-Britannique heureux

Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a lui aussi déploré les lacunes de l'assurance-emploi, mais il a généralement bien reçu le budget fédéral. Il a félicité le premier ministre

Stephen Harper pour son travail. «Ce premier

ministre a livré la marchandise», a-t-il dit hier.

Il faut dire que l'Ontario s'est vu offrir plusieurs programmes sur mesure dans le budget, notamment la création d'une Agence de développement économique pour le sud de l'Ontario, dotée d'un budget d'un milliard de dollars sur cinq ans. Ottawa a aussi confirmé son aide au secteur automobile. «Tout cela arrive juste à temps», a dit Dalton McGuinty

La Colombie-Britannique a semblé elle aussi heureuse de l'exercice financier fédéral. «Ce n'est pas parfait, mais il y a beaucoup de bonne volonté. C'est un bon budget pour nous, qui permettra de créer des milliers d'emplois», a dit le premier ministre Gordon Campbell.

La Saskatchewan déçue

La Saskatchewan, pourtant une alliée du gouvernement Harper, s'est dite déçue du budget fédéral.

Sur les quatre milliards d'argent frais qui doivent aller dans les infrastructures, Regina ne touchera que 120 millions de dollars. «Ce n'est pas assez pour réaliser ce qui doit être fait», a dit Rod Gantefoer, le ministre des Finances de la province. La Saskatchewan prévoit à elle seule dépenser 1,5 milliard de dollars dans les infrastructures cette année. «On aurait aimé qu'Ottawa en mette autant», a-t-il dit.

Du côté de la Nouvelle-Écosse, c'est le problème inverse, puisqu'on se demande comment la province va bien pouvoir trouver l'argent nécessaire pour accompagner les dollars d'Ottawa. C'est que l'argent fédéral est disponible pour autant que les provinces contribuent à la cagnotte. «On va faire notre possible», a dit le premier ministre Rodney MacDonald.

L'Île-du-Prince-Édouard a quant à elle mal accepté la diminution du transfert social canadien. Pendant que le Québec perd 83 millions de dollars, Charlottetown se voit privée de 12 millions. «Ça va faire mal», a soutenu Wes Sheridan, le président du Conseil du trésor de la province.

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