Flaherty prolonge de cinq semaines la durée des prestations d'assurance-emploi

Le gouvernement gèlera les taux de cotisation à l’assurance-emploi pour 2009 et 2010.
Photo: Agence Reuters Le gouvernement gèlera les taux de cotisation à l’assurance-emploi pour 2009 et 2010.

Ottawa — Comme prévu, le budget fédéral réserve une large place aux mesures destinées à la formation et à l'assurance emploi, après des demandes pressantes des gouvernements du Québec et de l'Ontario, notamment, et des organisations syndicales.

Parmi les diverses mesures que le ministre des Finances, Jim Flaherty, pouvait prendre pour améliorer le régime d'assurance emploi, il a choisi celle de prolonger de cinq semaines la durée des prestations d'assurance emploi.

La mesure ne vaudra toutefois que pour les prestations régulières, seulement pour les deux prochaines années, à cause de la crise, et jusqu'à concurrence de 50 semaines.

Cette mesure à elle seule coûtera 575 millions par année, soit 1,15 milliard sur deux ans.

Le ministre québécois de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, avait spécifiquement demandé d'assouplir le régime d'assurance emploi de manière à ce que davantage de personnes se qualifient et qu'elles reçoivent des prestations pour de plus longues périodes. Le porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, Pierre Céré, a d'ailleurs déploré l'absence de mesures en ce sens dans le budget.

Il importe de noter que, lorsque les prestations d'assurance emploi sont terminées, les prestataires qui n'ont pu trouver un autre emploi se retrouvent souvent à l'aide sociale, un régime qui relève des provinces, non du fédéral. La prolongation de cinq semaines des prestations d'assurance emploi apportera donc un peu de répit aux provinces aussi. Mais il ne s'agissait pas là d'une priorité, selon M. Céré, qui a rappelé qu'à peine 10 % des chômeurs utilisent toutes les semaines auxquelles ils ont droit.

Seconde mesure, une somme de 500 millions sur deux ans sera également consacrée à la prolongation des prestations d'assurance emploi pour les personnes qui suivent une formation de longue durée. Il s'agit de formations qui peuvent durer six mois, par exemple. Ces sommes seront remises aux provinces, qui s'occupent de la formation.

On prévoit que 10 000 personnes pourraient bénéficier de cette prolongation, qui vise à donner plus de temps et de ressources pour acquérir de nouvelles compétences.

Troisième mesure: le système de travail partagé, qui permet d'éviter des mises à pied en adoptant un horaire de travail réduit, sera aussi amélioré. Au total, cette troisième amélioration coûtera 200 millions sur deux ans.

Les fonctionnaires ont indiqué que, pour l'exercice budgétaire 2006-07, 1 328 000 Canadiens ont touché des prestations régulières de l'assurance emploi au Canada. En 2008-09, les prestations d'assurance emploi devraient atteindre 15,6 milliards, reflétant ainsi une hausse du taux de chômage.

Gel des taux de cotisation

Le gouvernement gèlera aussi les taux de cotisation à l'assurance emploi pour 2009 et 2010. Ce taux demeurera donc à 1,73 $ par tranche de 100 $ de masse salariale.

Le fait de ne pas hausser le taux de cotisation pour atteindre le taux d'équilibre coûte 4,5 milliards au régime. Dans son budget, le ministre des Finances, Jim Flaherty, décrit cette somme comme «une mesure qui stimulera l'économie à hauteur de 4,5 milliards».

En matière de formation cette fois, une autre demande martelée par le premier ministre du Québec, Jean Charest, le gouvernement fédéral y va d'une somme de 1,9 milliard. Peu de détails sont cependant livrés dans le budget, qui parle de «possibilités de perfectionnement professionnel à court et à long terme dans une mesure sans précédent pour les travailleurs de tous les secteurs de l'économie canadienne». On s'attend à ce que les secteurs de l'économie les plus touchés par le ralentissement au Québec, le manufacturier et le forestier, en bénéficient particulièrement.

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Avec Le Devoir

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