Aucune mesure budgétaire ne compensera les compressions en culture

Le ministre du Patrimoine, James Moore
Photo: Agence Reuters Le ministre du Patrimoine, James Moore

Très attendu par le milieu culturel, le budget Flaherty n'a pourtant pas réjoui grand monde, hier. Il ne compte en effet aucune mesure spécifique pour compenser les coupes imposées dans ce secteur cet automne, dénoncent les intervenants.

Dans ses grandes lignes, le budget fédéral présenté hier prévoit des investissements de 335 millions dédiés au soutien et au développement de la culture et des arts au pays.

La très grande majorité de cette somme est accaparée par la reconduction du Fonds canadien de télévision, qui recevra 200 millions au cours des deux prochaines années. De même, les grands festivals et d'autres manifestations culturelles recevront 100 millions sur deux ans.

Une «excellente nouvelle», selon le président de la Coalition des festivals canadiens, Luc Fournier, qui souligne toutefois que cette somme est réservée au développement de la clientèle touristique des festivals, et non au développement de l'offre culturelle.

Le Théâtre La Licorne et la Maison du jazz pourront quant à eux profiter de l'injection de 60 millions sur deux ans dans les infrastructures culturelles (reconduction du programme Espaces culturels).

M. Flaherty a aussi annoncé des investissements de 20 millions sur deux ans pour le Programme national de formation dans le secteur des arts, de 30 millions sur deux ans pour soutenir les journaux locaux et les magazines, et de 14,3 millions par année pour reconduire le Fonds des nouveaux médias.

Mais c'est surtout ce que le budget ne comprend pas qui a choqué hier le milieu culturel: le plan d'action ne prévoit aucune hausse pour le Conseil des arts du Canada (CAC) et pas de mesure précise pour favoriser le rayonnement de la culture à l'étranger.

«Il n'y a pas grand-chose pour nous réjouir, estime Stanley Péan, porte-parole du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL). Les programmes coupés ne sont pas restaurés. Le CAC n'a rien eu de plus, il n'y a rien pour la diplomatie culturelle [les services culturels dans les ambassades]. C'est un gros zéro en ce sens.»

Si M. Péan applaudit les investissements dans les infrastructures, il déplore l'absence de mesures spécifiques pour les «créateurs et la diffusion de leurs oeuvres».

Directrice-générale de Culture Montréal, Anne-Marie Jean fait aussi part d'une déception devant l'énoncé de M. Flaherty. «On s'attendait à ce que le gouvernement augmente le budget du Conseil des Arts. Ça aurait été une belle occasion de bien répondre aux demandes du milieu, notamment en ce qui concerne l'aide à l'exportation.»

À l'Union des artistes (UDA), le président, Raymond Legault, parle d'un budget «timide». «Il y a beaucoup d'argent pour reconduire des programmes», note-t-il. M. Legault trouve «particulièrement inquiétante» l'absence de mesures compensatoires pour les 45 millions coupés.

La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, devrait réagir aujourd'hui, de même que le porte-parole des libéraux fédéraux en matière de culture, Pablo Rodriguez.

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