Ottawa prévoit 3,1 milliards pour les infrastructures du savoir

Ottawa — Dans son plan de relance économique, le gouvernement Harper n'a pas oublié les infrastructures du savoir. Les universités, les collèges et les centres de recherche se partageront la somme de 3,1 milliards de dollars d'ici deux ans.

Le gros morceau revient aux universités, qui toucheront près de 1,4 milliard de dollars pour l'entretien et la rénovation de leurs installations. De leur côté, les collèges recevront environ 600 millions de dollars. Dans les deux cas, c'est le ministère fédéral de l'Industrie qui va gérer les fonds, puisque l'argent n'est pas transféré aux provinces.

Les institutions «et leurs partenaires» — qu'on imagine être les gouvernements provinciaux, même si le budget n'en fait pas mention — devront toutefois payer 50 % de la facture de chaque projet. Le ministère de l'Industrie précise déjà que la priorité ira aux projets qui peuvent améliorer la qualité des activités de recherche et développement des établissements.

La Fédération étudiante universitaire du Québec se montre toutefois très critique envers les mesures prises par Ottawa. «L'injection de milliards dans les infrastructures universitaires et collégiales ne contribuera en rien à régler [le manque à gagner de 3,5 milliards de dollars dans les transferts fédéraux pour l'éducation postsecondaire], fait valoir son président, David Paradis. En attribuant les sommes sur présentation de projets et de manière aléatoire, contrairement aux transferts aux provinces, rien ne garantit que les institutions postsecondaires québécoises recevront leur juste part. Au lieu de régler le sous-financement, le gouvernement Harper empiète dans un champ de compétence des provinces.»

La Fédération canadienne des étudiants et étudiantes déplore quant à elle l'absence d'aide supplémentaire pour réduire le poids de la dette envers le programme fédéral de prêts aux études, qui dépasse maintenant les 13 milliards.

Fondations et recherche

Les fondations fédérales et les laboratoires ont aussi droit à du financement supplémentaire. Ainsi, les 200 laboratoires fédéraux toucheront 250 millions de dollars sur deux ans pour moderniser leurs installations. L'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui a été au centre de la tourmente lors de la crise de la listériose, recevra également des fonds.

Inforoute Santé du Canada, qui travaille à la mise en place de dossiers de santé électroniques partout au Canada, recevra quant à elle 500 millions de dollars sur deux ans.

Par ailleurs, Ottawa veut étendre le réseau Internet haute vitesse dans les régions éloignées du pays. Pour ce faire, 200 millions de dollars iront à Industrie Canada. «Notre pays demeure l'un des plus branchés au monde, affichant le taux de connexion aux services à large bande le plus élevé parmi les pays du G7», peut-on lire dans les documents budgétaires.

Notons également que la Fondation canadienne pour l'innovation recevra 50 millions de dollars supplémentaires l'an prochain. De plus, un futur centre de recherche dans l'Arctique sera mis sur pied, au coût de 87 millions de dollars sur deux ans. Le projet devrait voir le jour avant le 31 mars 2011.

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Avec la collaboration de Alexandre Shields

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