La déréglementation de l'évaluation environnementale suscite l'opprobre de l'opposition et d'environnementalistes

Le plan conservateur visant à déréglementer par une loi l'évaluation environnementale des projets d'infrastructure, que révélait Le Devoir la semaine dernière, a provoqué hier de vives réactions à Ottawa dans les milieux politiques et environnementaux.

Le NPD, en conférence de presse, a accusé le gouvernement Harper «d'utiliser la crise économique» pour se débarrasser d'un des principaux garde-fou de l'environnement. La députée Linda Duncan (Edmonton-Strathcona) a d'ailleurs mis au défi le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, de «défendre son ministère et son mandat législatif».

Les conservateurs, selon le document obtenu par Le Devoir et que le NPD avait aussi en main hier, entendent notamment soustraire à une évaluation publique de leurs impacts tous les projets de 10 millions de dollars ou moins.

À Ottawa, une rumeur persistante indique que cette demande viendrait du milieu municipal, qui pourrait ainsi mettre le pied en toute impunité, avec des routes et projets divers, dans des milieux sensibles où ils ne pourraient jamais aller autrement.

Pour Stephen Hazell, directeur général du Sierra Club Canada, «le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, compte déréglementer l'évaluation environnementale fédérale de la même façon, à peu de chose près, que George Bush a déréglementé l'industrie des services financiers et que Mike Harris a déréglementé le contrôle de l'approvisionnement en eau potable. Pense-t-on vraiment que les industries minière, gazière et pétrolière feront une meilleure évaluation de leurs projets sans supervision fédérale? En l'absence de lois efficaces, les compagnies pétrolières Impériale ltée et Syncrude se soucieront-elles vraiment davantage de l'environnement que Goldman Sachs se souciait des investissements de ses clients?»

Will Amos, avocat chez ÉcoJustice, estime pour sa part que le projet de loi dévoilé par Le Devoir «vise à retirer le fédéral de l'évaluation environnementale plutôt qu'à réduire les dédoublements et les chevauchements», ce qui a été réglé, dit-il, l'an dernier par la mise en place du Bureau fédéral de gestion des grands projets.

À voir en vidéo