Ottawa doit financer des infrastructures vertes, dit Équiterre

Les investissements publics prévus pour la relance de l'économie ne doivent pas financer des infrastructures qui vont concourir à la pollution et au réchauffement du climat, comme cela semble devoir être le cas au niveau fédéral et même ici au Québec.

Au contraire, soutient Steven Guilbeault, d'Équiterre, toute cette aide financière gouvernementale doit plutôt financer des «infrastructures vertes», question de cohérence avec les politiques de lutte contre les changements climatiques. Les villes canadiennes réclament 32 milliards pour les transports en commun, donne-t-il en exemple de priorité souhaitable.

C'est surtout du côté d'Ottawa qu'un groupe comme Équiterre anticipe un sérieux dérapage, car, explique Steven Guilbeault, «le gouvernement conservateur n'a pas encore eu un seul véritable ministre de l'Environnement depuis qu'il a accédé au pouvoir et le dernier en date, Jim Prentice, se prend maintenant pour le ministre du Pétrole plutôt que le protecteur de l'environnement». C'est ce qui amène le porte-parole environnemental à douter que ce ministre qu'on dit influent mette son poids dans la balance pour que les milliards destinés aux infrastructures ne servent pas à financer plus de ponts, de routes et d'autoroutes au profit de l'industrie automobile.

«Il faut, explique Steven Guilbeault, que le gouvernement fédéral prenne exemple sur l'administration Obama et qu'il mette la priorité sur des investissements qui vont à la fois relancer l'économie, créer un maximum d'emplois et lutter en même temps contre les changements climatiques et la pollution.»

Même au Québec, le groupe Équiterre entrevoit la possibilité d'un dérapage, car le gouvernement Charest songe à investir dans la rénovation domiciliaire, ce qui peut facilement finir par financer des agrandissements de maison qui vont augmenter la facture d'énergie, des garages pour des voitures, différents aménagements intérieurs énergivores, comme des spas.

Il faut, au contraire, explique Steven Guilbeault, que cet argent finance tout ce qui peut réduire la consommation d'énergie des maisons, comme améliorer l'enveloppe des maisons à tous égards, installer de meilleures portes et fenêtres, installer des systèmes de géothermie, etc.

Équiterre demande notamment au gouvernement fédéral de remettre en place le programme d'Encouragement à la production d'énergie éolienne (EPEE), qui accordait un cent par kWh produit, soit la moitié de ce que le président Bush accordait à ses producteurs. Cet argent a été détourné par les conservateurs, dit-il, vers le captage et le stockage de carbone, ce qui enrichit les pétrolières de l'Ouest et fera en sorte que les 2000 MW d'éolien éventuellement produits au Québec ne recevront pas un sou d'Ottawa.

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