Le Canada a besoin d'un plombier: Michael Ignatieff, dit la FTQ

Le chef libéral, Michael Ignatieff, accompagné du député Denis Coderre, a rencontré le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui lui a demandé de voter contre le budget fédéral qui sera déposé mardi. Le chef libéral a refusé de s’engager
Photo: Jacques Nadeau Le chef libéral, Michael Ignatieff, accompagné du député Denis Coderre, a rencontré le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui lui a demandé de voter contre le budget fédéral qui sera déposé mardi. Le chef libéral a refusé de s’engager

La grande maison nationale prend l'eau et Michael Ignatieff est le plombier qu'il nous faut, propose en allégorie le président de la FTQ. Le chef libéral fédéral accepte ce rôle en rappelant qu'effectivement la coalition PLC-NPD appuyée par le Bloc demeure une option de sortie de la crise parlementaire.

L'image de l'inondation et de l'ouvrier a été proposée hier matin lors d'un point de presse organisé à la permanence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec. «Quand l'eau coule dans la maison, on fait venir un plombier et non un menuisier», a dit le président de la FTQ, Michel Arsenault, en donnant le rôle du second à Stephen Harper. En clair, le leader syndical demande au chef de l'opposition officielle de renverser le gouvernement fédéral après le dépôt du budget, mardi prochain.

«J'ai été très touché par l'idée que je peux être un bon plombier du Canada, a dit le chef libéral en souriant. Je le prends comme un compliment. [...] Mais c'est une responsabilité politique de lire le budget avant de le voter. M. Harper a perdu la confiance de la Chambre, mais il a une dernière chance de regagner cette confiance. C'est aussi ce que me demande le public canadien.»

Il a ajouté qu'une coalition serait préférable à une nouvelle campagne. «Les Canadiens ont autant besoin d'une autre élection fédérale que d'un trou dans la tête», a-t-il résumé.

La FTQ et le PLC s'entendent sur quelques principes pour guider le prochain budget, soit la nécessité de «protéger les plus vulnérables de notre société» ainsi que les emplois, tout en favorisant l'intervention du gouvernement en faveur de la relance économique. Par contre, la bonne entente ne s'étend pas jusqu'à une loi anti-briseurs de grève. Les députés libéraux avaient jadis voté contre un projet de loi déposé par le Bloc québécois étendant ces dispositions anti-briseurs de grève au Code canadien du travail.

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a laissé poindre hier sa préférence pour des réductions d'impôt temporaires. «Le défi avec les baisses d'impôt permanentes, c'est qu'elles se font sentir dans le futur, a-t-il déclaré au sortir de la réunion du caucus conservateur, à Ottawa. Dans notre plan économique, nous indiquerons comment nous nous sortirons des déficits quand nous sortirons de la récession.»

Les rumeurs circulant à Ottawa depuis quelques semaines font état de baisses d'impôt qui s'annuleraient une fois la récession terminée, voire d'une élimination totale, mais encore une fois passagère, de la taxe de vente sur les produits et services. Chaque point de TPS rapporte grosso modo six milliards de dollars par année au trésor public. Le gouvernement conservateur se prive de revenus de 12 milliards depuis qu'il a ramené la taxe de 7 à 5 %, ce qui explique en grande partie la précarité actuelle des finances publiques.

Après un caucus conjoint exceptionnel du Bloc et du Parti québécois, Pauline Marois et Gilles Duceppe ont pour leur part affirmé vouloir lutter pour «passer à travers la crise économique», mais aussi pour remettre l'option souverainiste à l'ordre du jour. «Nous sommes capables de travailler sur les deux fronts et nous allons le faire de façon systématique», a dit Mme Marois.

Gilles Duceppe a refusé de voir une mauvaise stratégie dans cette profession de foi souverainiste susceptible d'ébranler la coalition de l'opposition à la veille d'un vote crucial au Parlement fédéral. «Eux parlent d'unité canadienne et nous allons nous taire? Voyons donc! Nous sommes des souverainistes et notre tâche est de faire en sorte que notre argument se développe et gagne.»

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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti

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