Paiements de péréquation - Le Québec n'a pas à se plaindre, disent les conservateurs

Ottawa — La querelle entre Québec et Ottawa au sujet des paiements de péréquation ne semble pas émouvoir les élus conservateurs québécois, mais le Bloc québécois et le Parti québécois ont bien l'intention d'en faire leurs choux gras.

Réunis en caucus à Ottawa, les conservateurs se sont défendus de vouloir régler les problèmes financiers de leur gouvernement sur le dos des provinces en révisant à la baisse le calcul de la péréquation.

Pendant que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, maintenait qu'il est «déraisonnable» de laisser les paiements de péréquation croître à vive allure alors que le pays est secoué par une crise économique, ses collègues québécois se sont rangés un à un derrière lui.

Avec un petit sourire, le ministre Jean-Pierre Blackburn a déclaré: «Ce n'est pas d'aujourd'hui que la province de Québec demande toujours plus et plus et plus d'Ottawa [...] Dans le contexte, il n'y a pas de choses qui sont injustes à l'égard du Québec versus les autres provinces.»

Le député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, quant à lui, a avancé que Québec ne peut pas brandir le flambeau du déséquilibre fiscal dans cette affaire. «Est-ce qu'il y a un déséquilibre à partir du moment où le gouvernement fédéral est en déficit? Je pense que ça démontre [que] le gouvernement fédéral est lui-même en situation de déséquilibre», a-t-il argué.

Quant au ministre Christian Paradis, lieutenant québécois de Stephen Harper, il a insisté sur l'inexistence du déséquilibre fiscal. «On a enrayé le déséquilibre fiscal. Il est enrayé!», a-t-il répété.

Tout cela pour répondre à Jean Charest, qui est reparti fort déçu de la conférence des premiers ministres, conférence qui se tenait à Ottawa vendredi, portant sur les mesures à prendre pour faire face à la crise économique.

Devant le refus de Stephen Harper de retarder d'un an les changements qu'il impose au calcul des paiements de péréquation, changements annoncés en novembre, M. Charest a rappelé que le calcul sur lequel Ottawa et les provinces s'étaient entendus en 2007 en matière de péréquation avait été présenté par le gouvernement Harper comme un règlement du déséquilibre fiscal. Or, ce calcul ne tient plus.

Québec estime qu'il va y perdre jusqu'à un milliard de dollars en 2010-2011, alors que la crise économique sera probablement encore en train de sévir.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réfuté les arguments du député Blaney et du ministre Paradis. «Je pense qu'au Québec, il n'y a personne qui est d'accord avec [...] le fait qu'il n'y ait plus de déséquilibre fiscal, de un. De deux, je rappelle que la péréquation, ça a existé durant les périodes de grands déficits à Ottawa aussi», a soutenu le chef bloquiste.

M. Duceppe a servi une définition de ce qu'est le déséquilibre fiscal avant d'enchaîner, à l'intention du député Blaney: «On ne parle pas de surplus ou de déficit, là. M. Blaney n'a strictement rien compris; il a fait la preuve de son ignorance.»

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