Avortement - Le débat ne sera pas rouvert, dit le PCC

Winnipeg — Le porte-parole du premier ministre Stephen Harper a freiné les ambitions du nouveau président d'un caucus parlementaire opposé à l'avortement qui s'était engagé dimanche à relancer le débat au Canada.

Dimitri Soudas a affirmé lundi que le gouvernement ne souhaitait pas soutenir ou déposer un nouveau projet de loi sur l'avortement, ainsi que le premier ministre l'a clairement affirmé tout au long de sa carrière politique.

Le député de Winnipeg-Sud, Rod Bruinooge, avait affirmé qu'un groupe parlementaire opposé à l'avortement, plutôt secret et formé selon lui de membres de tous les partis politiques, voulait relancer le débat sur la légalité de l'avortement jusqu'au terme de la grossesse.

Ceux qui prônent le droit à l'avortement soutiennent que les médecins canadiens procèdent uniquement à des avortements tardifs lorsque la santé de la mère est en péril ou si l'on sait que le bébé ne survivra pas après sa naissance.

«Je crois que nous ne devrions jamais oublier que les droits sexuels et ceux en matière de reproduction des femmes sont toujours vulnérables», a affirmé la coordonnatrice de la Women's Health Clinic à Winnipeg, Madeline Boscue.

Selon le professeur en sciences politiques de l'Université du Manitoba Paul Thomas, Stephen Harper évitera de raviver ce débat controversé au cours des prochains mois mais devra tout de même être vigilant afin de ne pas se mettre à dos ses partisans les plus conservateurs, pour lesquels l'avortement est un problème très important.

Le professeur Thomas croit également que les commentaires de M. Bruinooge ne lui vaudront pas d'ennuis, pourvu que la discussion demeure au sein du caucus et qu'elle ne donne pas lieu à un projet de loi privé.

Lors du dernier congrès du Parti conservateur à Winnipeg, certains délégués ont voté pour ramener une proposition visant à créer un chef d'accusation criminelle spécifique qui pourrait être porté contre quconque tue ou blesse un foetus en commettant un crime contre une femme enceinte.

Un tel projet de loi était mort au feuilleton lors du déclenchement des élections fédérales, l'automne dernier. Mais les détracteurs de ce projet de loi croient qu'il rouvrirait le débat sur l'avortement en reconnaissant des droits au foetus.

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