Arabie saoudite - Ottawa tente de sauver les frères Kohail

Toronto — Ottawa a entrepris des démarches diplomatiques afin de sauver la vie d'un Canadien condamné à la peine de mort en Arabie saoudite, alors que son frère cadet semble lui aussi se rapprocher de cette sentence.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada a confirmé au Globe and Mail que des responsables canadiens se sont entretenus avec leurs homologues saoudiens au sujet du cas de Mohamed Kohail, 23 ans, et de son frère de 17 ans, Sultan, entre le 20 et le 23 décembre. Les responsables canadiens auraient notamment rencontré le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Les frères Kohail, originaires de Montréal, sont accusés d'être responsables de la mort de Munzer al-Haraki, un étudiant syrien âgé de 19 ans, qui a été tué au cours d'une bagarre, il y a deux ans.

Mohamed Kohail a déjà été condamné à la décapitation, et l'appel déposé de cette sentence a été rejeté. Son dossier se trouve maintenant entre les mains du roi saoudien.

Plus tôt cette semaine, les trois juges qui l'ont condamné se sont penchés sur le procès de son frère cadet.

Malgré la rencontre, Ottawa n'est pas encore en mesure de confirmer que les deux Canadiens sont hors de danger.

Une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué que le ministre Lawrence Cannon a soulevé le sort des frères Kohail lors d'un entretien téléphonique, plus tôt ce mois-ci, avec son homologue saoudien, et que l'ambassade canadienne en Arabie saoudite a aussi exprimé ses préoccupations.

Les relations entre la famille Kohail et celle de la victime demeurent par ailleurs tendues. La famille Kohail refuse de laisser Mohamed et Sultan reconnaître leur responsabilité, estimant qu'ils ne sont pour rien dans le décès de M. al-Haraki. La famille de la victime a de son côté dénoncé l'intervention du Canada dans ce dossier et prévenu qu'aucun pardon ne sera possible tant que les deux frères n'auront pas reconnu leur culpabilité.

La famille Kohail a toutefois expliqué au Globe and Mail, plus tôt cette semaine, qu'elle pourrait se plier à certaines des exigences de la famille de la victime, notamment le versement d'une compensation financière et peut-être même des excuses publiques.

Pour sa part, le député libéral Dan McTeague, qui collabore étroitement avec la famille Kohail, a prévenu qu'Ottawa commence à manquer de temps. Il rappelle que les tribunaux saoudiens ont refusé d'entendre des témoins appelés par les Kohail.

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