Les syndicats protestent

Plusieurs syndicats se prononcent contre la prorogation du Parlement et en faveur de la coalition formée par le Parti libéral (PLC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD). Mais la plupart des intervenants placent les éventuelles mesures de soutien à l'économie bien au-dessus de toute considération partisane.

Le Congrès du travail du Canada (CTC) trouve «terrible, dramatique et désastreux» de constater que le gouvernement fédéral ne pourra faire aucun geste avant la fin de janvier pour venir en aide aux gens éprouvés par les crises économique et financière mondiale.

«Certains pays occidentaux prennent des mesures draconiennes pour remettre l'économie en marche», a fait valoir Bertrand Bégin, coordonnateur national du CTC, pendant une manifestation qu'il avait organisée hier devant la colline parlementaire à Ottawa.

«Ici, au Canada, au lieu de ça, on décide de proroger la session et d'attendre la fin de janvier pour un budget. Entre-temps, qu'adviendra-t-il des gens qui vont perdre leur emploi? On appuie la coalition, a ajouté M. Bégin. On croit que le gouvernement Harper n'a pas de plan d'action.»

«Les mesures avancées par la coalition semblent tout à fait appropriées à la situation», a pour sa part affirmé en entrevue téléphonique François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui espère que Stephen Harper n'a réussi qu'à retarder la fin de son gouvernement.

«Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir», a-t-il illustré.

Mais M. Vaudreuil a précisé que ce qui prime, pour la CSD, ce sont les mesures qui seront adoptées. Alors, si M. Harper présentait à la fin de janvier un budget acceptable, la CSD n'aurait aucun problème à ce que l'opposition l'approuve.

L'Union des artistes (UDA) n'appuie pas directement la coalition, espérant plutôt que tous les députés des Communes réussiront à s'entendre pour soutenir l'économie et la culture. Cependant, seule la coalition PLC-NPD a jusqu'à présent annoncé son intention de réinstaurer les programmes d'aide aux artistes qui ont été abolis par les conservateurs, a reconnu Raymond Legault, président de l'UDA.

«Si le gouvernement conservateur maintient sa position, ce n'est pas acceptable, a dit M. Legault. Ça ne l'était pas avant la campagne électorale, ça ne l'est pas plus après, d'autant plus que ça s'est détérioré. Si c'est le cas, forcément, ce qui restera comme alternative, ce sera la coalition.»

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