Crise à Ottawa: Charest reste muet

Sherbrooke — La majorité des députés du Québec à la Chambre des communes a beau s'opposer à l'énoncé économique du ministre Flaherty, le premier ministre du Québec et chef libéral, Jean Charest, refuse de le rejeter à son tour et s'abstient de se prononcer.

En campagne électorale dans sa circonscription de Sherbrooke, hier, le chef libéral a refusé encore une fois de commenter la crise ou d'entrer dans le contenu du controversé énoncé fédéral, reprenant sa thèse selon laquelle il s'agit là d'une preuve démontrant à quel point un gouvernement majoritaire fort est nécessaire, même au Québec, pour éviter une telle instabilité politique.

«Je ne veux pas me mêler d'un débat au niveau fédéral qui va tourner autour d'une question de confiance à la Chambre des communes, d'autant plus que je me suis prononcé au nom de tous les Québécois sans exception et sans tenir compte des allégeances politiques de parti. Je l'ai fait comme premier ministre du Québec pendant la campagne électorale fédérale.»

Le gouvernement fédéral conservateur minoritaire risque d'être renversé, le 8 décembre, jour du scrutin au Québec, parce que les trois partis d'opposition refusent d'appuyer l'énoncé économique, et ce, même s'il est dépouillé de son chapitre sur le retrait du financement public aux partis politiques et le retrait du droit de grève des fonctionnaires. Ce sont donc une majorité des 75 députés fédéraux du Québec qui s'opposent à l'énoncé.

Mais le chef libéral et premier ministre du Québec Jean Charest a affirmé qu'il refusait de faire un procès d'intention au gouvernement fédéral et préférait se concentrer sur ses enjeux provinciaux.

M. Charest a refusé de commenter les propos de son adversaire péquiste Pauline Marois qui traçait un parallèle entre l'attitude du premier ministre canadien Stephen Harper et celle de M. Charest, affirmant qu'il pensait tous deux à leur pouvoir politique personnel d'abord, à leur gouvernement plutôt qu'à leurs électeurs.

«Pour le dernier droit de la campagne, je veux parler du fond des choses [et non pas répliquer à Mme Marois].»

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