Michael Ignatieff veut renouveler le Parti libéral

Ottawa — C'était le secret le moins bien gardé de la colline parlementaire: Michael Ignatieff a annoncé hier qu'il se lançait dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada.

Celui qui avait terminé bon deuxième au congrès de décembre 2006, lors de la victoire de Stéphane Dion, a déjà pris son premier engagement. S'il est élu chef, il convoquera un grand sommet réunissant des chercheurs, des savants, des écologistes et autres penseurs canadiens pour renouveler les idées du Parti libéral. Lester B. Pearson avait fait la même chose en 1960.

«Le renouveau signifie ouvrir toutes grandes les portes de notre parti à la prochaine génération, aux meilleures personnes que la société a à nous offrir», a dit Michael Ignatieff lors de sa conférence de presse, hier à Ottawa.

Dans son discours, le député et chef adjoint du PLC a tenté de projeter l'image d'un leader fort et inspirant. Même s'il a pris soin de souligner qu'il n'y a qu'un seul Barack Obama, certains passages donnaient l'impression d'entendre le prochain président des États-Unis. Michael Ignatieff a notamment parlé «d'espoir», «d'égalité» et du fait que tous les citoyens du pays devraient avoir accès au «rêve canadien», une formule peu entendue en politique canadienne.

«Je me présente parce que j'aime mon pays, j'aime mon parti et que je peux offrir le leadership dont les Canadiens ont besoin en ces temps difficiles», a-t-il affirmé. Plusieurs députés libéraux, notamment John McCallum et David McGuinty, étaient présents à la conférence de presse.

Michael Ignatieff, qui devient le troisième prétendant au trône, avec Bob Rae et Dominic Leblanc, affirme qu'il se présente dans la course avant tout pour battre le Parti conservateur et non pas ses «amis libéraux». «J'ai un désir farouche en moi de battre Stephen Harper et je pense que je peux le battre.» Selon lui, c'est la question que devront se poser les militants. «La question est là: qui peut battre ce gouvernement réactionnaire?», a-t-il dit.

Il affirme avoir «un grand respect» pour son rival et ami Bob Rae. «Il va mettre de l'avant sa vision du pays et je vais mettre de l'avant ma vision du pays», a-t-il soutenu.

Plus de chance qu'en 2006?

Michael Ignatieff estime qu'il a plus de chances de l'emporter qu'en 2006, lors de la précédente course au leadership. «Le pays a changé, le parti a changé et j'ai changé. Je suis meilleur maintenant. J'ai siégé à la Chambre des communes, j'ai confronté le premier ministre quatre fois par semaine. J'ai gagné deux élections dans ma circonscription. Je pense pouvoir faire le travail», affirme-t-il.

Selon lui, le Parti libéral doit avant tout se mettre à l'écoute des militants, mettre de l'avant une vision claire du pays et remonter les finances du parti.

En ce qui concerne le Québec, qui n'aura vraisemblablement pas de candidat dans cette course au leadership pour la première fois depuis des décennies, Michael Ignatieff a soutenu que cette réalité force les trois candidats actuels à «travailler plus fort pour gagner du terrain au Québec». «Le Québec, depuis toujours, c'est l'âme et le coeur de notre parti politique. Il faut une course à la chefferie qui attire les meilleurs esprits du Québec. On a vu lors de la dernière élection que le meilleur représentant du courant fédéraliste au Québec, c'est le Parti libéral. La prochaine fois, il faut prendre le pouvoir grâce au Québec», a-t-il dit.