Prochaine session parlementaire à Ottawa - D'accord sur la crise, mais pas sur les moyens de l'aborder

Ottawa — Si les chefs des partis politiques fédéraux s'entendent sur le fait que l'économie devrait occuper une place centrale au cours de la prochaine session parlementaire, ils ne sont pas nécessairement d'accord sur les façons d'aborder la crise.

Après avoir rencontré le chef libéral Stéphane Dion la semaine dernière, le premier ministre s'est entretenu hier avec les chefs des deux autres partis d'opposition aux Communes en vue du discours du Trône.

Comme cela avait été le cas avec M. Dion, c'est l'économie qui a été au coeur des discussions entre Stephen Harper, le chef bloquiste Gilles Duceppe et le néo-démocrate Jack Layton.

Pour les deux rencontres, le ton était «courtois» et «respectueux», même si des divergences semblaient se dessiner sur les façons de stimuler l'économie et de juguler la crise financière.

Selon M. Duceppe, il sera possible de trouver des terrains d'entente sur certains sujets, même si d'autres points risquent d'être irréconciliables.

«Sur certaines choses, on pourra. Sur Kyoto, je pense que nos positions sont vraiment très différentes, et [cette question] est liée à l'économie», a-t-il indiqué tout de suite après avoir rencontré M. Harper.

«Au-delà des impressions, je veux voir des réalisations», a-t-il lancé. M. Duceppe devrait rencontrer à nouveau la presse jeudi pour lui donner davantage de détails sur la teneur de cette discussion.

Quant à M. Layton, il s'est dit satisfait du ton de sa rencontre.

«On a eu une bonne réunion, on a discuté d'économie. C'est la priorité évidemment pour les Canadiens, maintenant», a-t-il expliqué.

Il aurait demandé entre autres à ce qu'aucune baisse d'impôt ne soit accordée aux entreprises et que des fonds soient plutôt utilisés tant pour les infrastructures que pour la revitalisation de secteurs clés, comme les industries forestière et manufacturière.

Le chef néo-démocrate s'est également dit préoccupé par l'engagement pris le jour même par le ministre des Finances, Jim Flaherty, qu'Ottawa achète d'ici la fin de l'année financière des blocs de prêts hypothécaires assurés jusqu'à concurrence de 50 milliards $.

«J'ai dit au premier ministre: "Qu'est-ce qui nous reviendra pour ce que nous achetons?" Je pense que les Canadiens veulent savoir ce qu'ils obtiendront en retour de cette aide qu'ils accordent aux banques», a-t-il lancé.