Course à la direction - Les candidats devront rapporter de l'argent au PLC

Ottawa — Ce sera à Winnipeg, en mai prochain, que les libéraux fédéraux se donneront un nouveau chef, un quatrième en six ans. Les règles de la course à la direction adoptées ce week-end ne limitent pas de facto le nombre d'aspirants pouvant se porter candidats, mais inciteront fortement ceux qui le feront à rapporter beaucoup d'argent au Parti libéral du Canada (PLC), qui en a bien besoin.

Aucun candidat potentiel ne s'est dit lésé par les règles annoncées. Bob Rae est à l'aise avec elles. Michael Ignatieff réserve ses commentaires pour cette semaine. Martha Hall Findlay, qui jongle encore avec la possibilité de se porter candidate, les accepte aussi. «J'attendais de les connaître avant de prendre une décision, a-t-elle confié au Devoir hier. Si elles avaient été à ce point contraignantes qu'elles avaient constitué un obstacle, elles auraient été un grand facteur, mais ce n'est pas le cas. Ce sont donc les autres facteurs qui entrent en ligne de compte, comme le fait que j'ai encore une dette de la campagne de 2006.»

Martin Cauchon et Denis Coderre n'ont pas encore pris de décision, tandis que Dominic LeBlanc, du Nouveau-Brunswick, s'est déjà lancé à l'eau.

L'aile québécoise du parti, qui proposait que seuls les candidats ayant remboursé leur dette de campagne de 2006 puissent se présenter à nouveau, n'a pas été écoutée. Cette suggestion avait soulevé l'ire de Gerard Kennedy, qui doit encore rembourser environ 200 000 $. Seuls Bob Rae et Michael Ignatieff se seraient qualifiés.

«Nous ne faisons pas cela, nous n'empêcherons pas ces candidats de se joindre à la course», a assuré hier Doug Ferguson, le président du PLC.

Ainsi, au terme d'une rencontre de deux jours, l'exécutif du PLC a décidé que chaque candidat devrait payer 90 000 $ pour prendre part à la course. Ce montant ne sera pas remboursable, mais pourra être réduit si le candidat recrute assez de bailleurs de fonds réguliers. De plus, pour chaque dollar qu'amassera un aspirant pour sa candidature, 10 cents seront prélevés par le PLC. En tout, un candidat ne pourra pas dépenser plus de 1,5 million de dollars pour sa campagne.

Ces règles sont donc plus rigides que lors de la dernière campagne. En 2006, le prix d'entrée de 50 000 $ avait été remboursé. Chacun avait pu dépenser jusqu'à 3,4 millions.

«Pour établir ce montant, nous avons regardé ce qu'avaient dépensé en 2006 les quatre premiers candidats», explique M. Ferguson. Cette moyenne était d'un peu plus de 2 millions. «Nous avons aussi pris en considération le fait que la campagne sera plus courte, mais qu'il faut pouvoir ramasser assez d'argent pour mener une campagne véritablement nationale. En prenant tous ces facteurs en ligne de compte, nous sommes arrivés au montant de 1,5 million.»

Besoin d'argent

Le PLC a bien besoin d'argent. Depuis plusieurs semestres consécutifs maintenant, il recueille systématiquement moins de dons de militants que le Parti conservateur ou même le NPD. Avec des élections et des courses à la direction à répétition (la troisième en cinq ans), les ressources financières de la formation sont drainées. D'ailleurs, un stratège de Stephen Harper, Tom Flanagan, avait déjà écrit que c'est ainsi que la droite aura raison de la grosse machine rouge: à l'usure de son portefeuille...

Les candidats au leadership recrutant des donateurs pour le Fonds de la victoire verront leur prix d'entrée diminuer. Ces donateurs doivent s'engager à verser 5 $ par mois à leur circonscription et autant au parti, et ce, pendant au moins un an. Par exemple, le recrutement de 1000 de ces donateurs (revenus de 120 000 $ pour la famille libérale en un an) se soldera par un rabais de 25 000 $.

«Nous avons le sentiment que ces règles sont justes, inclusives et, par-dessus tout, dans le meilleur intérêt du Parti libéral», conclut M. Ferguson. Le congrès se tiendra du 30 avril au 3 mai prochains à Vancouver. L'idée de Denis Coderre, de tenir plusieurs congrès simultanés au pays, n'a pas été retenue.

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Avec La Presse canadienne
1 commentaire
  • Jean-Louis Tanguay - Inscrit 10 novembre 2008 16 h 29

    VANCOUVER!

    C'est plutôt à Vancouver, au Vancouver Convention and Exhibition Centre, tel que prévu...

    Winnipeg, c'est plutôt pour nos ineffables réformistes-conservateurs, en mars 2009, si je me souviens bien.