Winnipeg - Le Parti conservateur tient son premier congrès depuis 2005

Ottawa — Le Parti conservateur tient cette semaine, à Winnipeg, son premier congrès national depuis sa fondation, en mars 2005. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis, et le parti issu du mouvement d'union de la droite de Stephen Harper a connu deux victoires électorales et le mandat minoritaire le plus durable depuis la confédération.

Alors que le congrès a lieu au beau milieu d'une crise économique mondiale et d'un changement d'administration à la Maison-Blanche, on pourrait s'attendre à ce que le parti s'attelle à la révision de ses orientations politiques. Mais des observateurs de longue date du parti ne pensent pas que ce sera le cas.

Le congrès de Winnipeg, qui se déroulera de jeudi à samedi, promet d'être plus axé sur les félicitations mutuelles pour la victoire électorale du 14 octobre dernier, et sur le réseautage, que sur les débats politiques à l'ancienne qui caractérisaient autrefois les conservateurs canadiens.

Faron Ellis, un délégué, politologue et responsable d'un laboratoire de recherche sociale en Alberta, a étudié le parti, depuis ses racines réformistes en passant par l'Alliance canadienne et sa fusion avec les progressistes-conservateurs. À son avis, le congrès sera faible en discussions d'orientations politiques, ou même en questions touchant à la gouvernance du parti.

Il fait remarquer que le temps total dévolu aux débats sur les statuts du parti et sur ses politiques n'est que de huit heures — une baisse de 30 % par rapport aux 11 heures et demie prévues à l'horaire du congrès de 2005. Par ailleurs, le parti a aussi prévu divers événements à caractère festif, lesquels chevaucheront plusieurs des ateliers consacrés aux débats politiques.

Victoire électorale

M. Harper ne fera qu'une brève apparition au début du congrès, vraisemblablement jeudi soir, avant de s'envoler vers Washington pour des discussions d'ordre économique avec les leaders mondiaux.

Bob Plamondon, auteur d'un ouvrage à paraître sous peu sur l'histoire du Parti conservateur, note que le congrès de Winnipeg survient à un moment opportun pour un parti qui fête sa victoire électorale, mais pas si opportun pour un gouvernement aux prises avec des choix difficiles.

Le sort des résolutions qui seront adoptées au congrès ne peut être prédit. On n'a qu'à se rappeler certaines résolutions adoptées par les délégués en 2005, et dont M. Harper n'a absolument pas tenu compte une fois au pouvoir. Ils avaient notamment voté en faveur d'une loi imposant l'équilibre budgétaire, de l'élimination des subventions aux entreprises à but lucratif et de la réduction, en priorité, des impôts sur le revenu.

La TPS ne faisait alors même pas partie des priorités des congressistes. Pourtant, avant même la fin de 2005, M. Harper avait inclus dans son programme électoral une baisse de deux points de la TPS.