Duceppe et Layton vont s'allier pour améliorer le régime d'assurance-emploi

Le chef du NPD, Jack Layton, et celui du Bloc, Gilles Duceppe.
Photo: Jacques Grenier Le chef du NPD, Jack Layton, et celui du Bloc, Gilles Duceppe.

Les chefs du Bloc Québécois et du Nouveau Parti démocratique, Gilles Duceppe et Jack Layton, ont fait hier le plaidoyer de la «non-partisanerie», notamment lorsqu'il sera temps de bonifier le régime d'assurance-emploi.

«Nous parlons d'alliances ponctuelles sur des projets de loi, d'où qu'ils proviennent», a dit Gilles Duceppe.

Gilles Duceppe et Jack Layton, qui étaient réunis à la même table d'un dîner-bénéfice organisé au profit du Comité chômage de Montréal, un organisme de défense des droits des chômeurs, ont jugé nettement insuffisantes les mesures annoncées par le ministre des Finances, Jim Flaherty, pour dynamiser l'économie canadienne.

«On espère que même les conservateurs vont écouter les cris de douleur des familles qui souffrent à cause du chômage, a affirmé Jack Layton. On a besoin d'action pour protéger les gens qui perdent leur emploi. [...] On est prêts à travailler avec les autres partis.»

Le chef néo-démocrate a appelé le premier ministre Stephen Harper à se soucier davantage de «l'économie réelle». «Aider les banques, c'est une chose, mais ce n'est pas tout ce qu'on doit faire. M. Flaherty ne comprend pas ça», a-t-il dit.

Jack Layton a proposé notamment de limiter les taux d'intérêt sur les soldes impayés des cartes de crédit.

«Les principales victimes ne sont pas les dirigeants des grandes entreprises qui reçoivent même des bonis quand ils font des déficits, il faut le faire. Les premières victimes, ce sont les travailleurs et les travailleuses. [...] C'est indécent», a ajouté Gilles Duceppe. Malgré le constat qu'il fait à propos des salaires des hommes et des femmes à la tête des grandes entreprises, M. Duceppe voit difficilement comment l'État pourrait les réglementer.

Les chefs bloquiste et néo-démocrate ont promis d'étudier la proposition mise en avant par le Comité chômage de Montréal d'abolir le délai de carence de deux semaines, afin de permettre aux chômeurs de bénéficier de leurs prestations d'assurance-chômage dès le moment où ils perdent leur travail.

Le Comité chômage a aussi suggéré d'éliminer la paie de vacances du calcul des revenus lors d'une mise à pied et de permettre aux bénéficiaires de l'assurance-chômage de gagner des revenus allant jusqu'à 40 % de leur prestation.

Le chef bloquiste a qualifié ces deux mesures d'intéressantes mais doute de leur adoption par la Chambre des communes, puisqu'elles pourraient requérir la sanction royale, ce qui compliquerait considérablement la procédure parlementaire.

Gilles Duceppe a répété hier que les conservateurs «doivent tenir compte qu'il y a tout de même 63 % de la population qui a voté contre eux».

À quelques semaines de la reprise des travaux à la Chambre des communes, Gilles Duceppe — qui siège à Ottawa depuis 1990, et depuis 1997 comme chef du Bloc Québécois — a assuré hier être encore habité par le feu sacré. «Comme dirait Bernard Derome, la passion grandit avec l'usage», a lancé M. Duceppe.

M. Layton s'est pour sa part targué d'avoir dirigé un parti qui a recueilli «dix fois plus de votes au Québec» qu'il y a huit ans, alors que le NPD était sous la gouverne d'Alexa McDonough. «On a augmenté notre appui dramatiquement [au Québec]. 500 000 citoyens ont voté pour le NPD, c'est un record», a-t-il dit.

Jack Layton n'a néanmoins pas caché sa frustration d'avoir recueilli, à l'échelle nationale, près du double des voix des troupes de Gilles Duceppe mais de n'avoir réussi qu'à élire 37 candidats, comparativement à 49 pour le Bloc Québécois. «C'est à cause de notre système de représentation. C'est un système totalement bizarre. [...] C'est pourquoi on a proposé la refonte de notre système électoral.»

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