Lendemain de débat - Harper a consolidé son avance en dépit d'une gaffe, disent des experts

Selon les experts consultés, Stephen Harper a atteint ses objectifs au cours du débat en anglais.
Photo: Agence Reuters Selon les experts consultés, Stephen Harper a atteint ses objectifs au cours du débat en anglais.

Au lendemain du débat télévisé en anglais, les chefs fédéraux ont repris la route confiant d'avoir marqué des points et de pouvoir faire une bonne performance dans l'urne le 14 octobre prochain. Mais qui en sort vraiment gagnant au Canada anglais? Les apparences sont parfois trompeuses.

Le débat des chefs en anglais jeudi soir aura permis à Stephen Harper de solidifier son avance à l'échelle canadienne, selon les spécialistes. «Il a joué la trappe. Il devait se défendre et avoir l'air confiant. Il a atteint son objectif même s'il a été attaqué parfois durement», estime Réjean Pelletier, politologue à l'Université Laval. Mais c'est surtout la performance des autres chefs qui lui permet de bien s'en tirer.

C'est ce que confirme un sondage réalisé à chaud tout de suite après le débat par la firme Ipsos-Reid. La maison de sondage de Toronto avait présélectionné 2512 personnes à travers le pays prêtes à donner rapidement leur opinion sur la joute oratoire. Selon 31 % des répondants, Stephen Harper l'a emporté devant Jack Layton (25 %), Elizabeth May (17 %), Stéphane Dion (15 %) et Gilles Duceppe (2 %). La marge d'erreur est de 2 %, 19 fois sur 20.

Mais remporté un débat ne signifie pas que l'impression générale est uniquement positive et que le reste de la campagne n'aura aucun impact le jour du vote. À preuve, le même sondage révèle que, malgré la victoire de Harper, 40 % des répondants disent avoir une moins bonne impression du chef conservateur qu'avant le débat, alors que 30 % ont une image plus favorable de lui. Dans ce domaine, c'est la pire performance de tous les leaders, ce qui démontre que le chef conservateur était perçu comme le favori avant le débat et qu'il n'a pas rempli les attentes.

À l'inverse, 42 % des personnes sondées ont une meilleure image de Stéphane Dion maintenant, alors que 31 % ont dit avoir une impression plus négative du chef libéral. La chef des verts, Elizabeth May, n'avait visiblement rien à perdre, puisque 65 % des répondants ont une meilleure impression d'elle contre seulement 16 % qui ont une moins bonne image. Même scénario pour Jack Layton, qui a vu son image s'améliorer aux yeux de 49 % des personnes sondées, contre 21 % qui ont maintenant une moins bonne impression du chef néo-démocrate.

Est-ce suffisant pour faire bouger l'aiguille des intentions de vote? Il est encore tôt pour le dire, puisque l'effet des débats sera visible dans les sondages seulement dans quelques jours. Mais déjà, le coup de sonde Ipsos-Reid donne une idée d'un possible déplacement des votes au Canada anglais puisque 15 % des téléspectateurs disent avoir changé d'opinion. Ainsi, 37 % de ceux qui ont changé de parti disent maintenant vouloir voter pour le NPD, 26 % pour le Parti libéral, 25 % pour le Parti vert et 9 % pour le Parti conservateur.

Selon Philip Resnik, politologue à l'Université de la Colombie-Britannique, il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour Stéphane Dion, qui n'aura pas réussi à s'imposer comme le leader capable de déloger Stephen Harper. «L'éclatement de l'opposition est plus visible que jamais, ce qui permet à Stephen Harper de rester en tête, lui qui est seul à droite de l'échiquier politique. Dion n'a pas été mauvais, mais les bonnes performances de Layton et de May sont une bonne nouvelle pour Harper», dit-il. Selon lui, le PC a une base solide à 35 % des intentions de vote et le débat n'y changera rien.

Une gaffe économique coûteuse?

Par contre, des détails peuvent miner une campagne électorale et Stephen Harper a commis une gaffe qui pourrait lui coûter cher dans certaines régions du pays le 14 octobre, d'après Philip Resnik. Cette erreur, le chef conservateur l'a commise dès le début du débat en anglais, lorsqu'il a dit que les gens «n'ont pas peur de perdre leur emploi, de perdre leur maison comme aux États-Unis». Stephen Harper tentait de dire que la crise qui secoue les États-Unis est de nature boursière et qu'elle ne touche pas les emplois au Canada. Quand l'animateur a demandé si les chefs croyaient que les emplois perdus dans le secteur manufacturier étaient perdus pour de bon, M. Harper a répondu par l'affirmative. «La réalité, c'est que l'économie change.»

Ce type de déclaration n'aura pas fait plaisir à ceux qui ont perdu leur emploi dans les derniers mois, particulièrement dans le sud de l'Ontario, une des régions cruciales pendant la campagne. Les électeurs qui ont perdu leur travail dans une usine n'auront pas l'impression qu'ils peuvent compter sur le gouvernement pour les aider. «C'était un commentaire ridicule, tranche Philip Resnik. Harper voit la vie en rose. Il se prétend le meilleur pour gérer l'économie, mais il n'a rien à offrir. Avec cette déclaration, il a peut-être perdu sa majorité.»

Le politologue Réjean Pelletier estime toutefois que la gaffe de Harper pourrait davantage profité au NPD dans les régions touchées par le déclin du secteur manufacturier en Ontario et dans les Maritimes. «Harper a glissé, mais les travailleurs dans ces régions sont déjà plus près du NPD que des libéraux», dit-il. Au Québec, le Bloc pourrait en profiter dans certaines régions.
9 commentaires
  • roger montreal - Inscrit 3 octobre 2008 23 h 51

    Tout ce HARPER a une image sans contenu

    NOUS constatons une autre fois, HARPER a un image faite par les maquilleurs d images.
    Cet homme n a aucun contenu, tout ce qu il fait , imiter BUSH, dans ses discours, pour la querre, pour les finances, NE PAS INTERVENIR ,nous voyons ou a mené les AMÉRICAINS avec ce système et ou nous irons bientôt.
    ROGER MONTREAL

  • Richard Brin - Inscrit 4 octobre 2008 05 h 50

    avance

    harper,j'ai mon idee qu'il en parle en mal ou en bien il va passer au travers.
    à choisir entre dion duceppe et layton la mienne mon idee est faite.
    p.s. j'oubliais le parti vert eux ils voyagent en velo à pied sur un tapis volant.......
    merci de cette tribune je m'amuse beaucoup.

    richard brin ste-adele

  • Catherine Paquet - Abonnée 4 octobre 2008 07 h 24

    Ce n'est pas une gaffe...

    Ne pas intervenir dans l'économie, diminuer les impôts des grandes entreprises, croire que la richesse des uns descendra jusqu'au niveau de ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts sont les fondements de l'idéologie de M. Harper. S'il y a eu une gaffe, ce fut de l'avoir admis plutôt que de la cacher comme il a tenté de la faire depuis qu'il a pris le pouvoir en dépit du fait que plus de 60% des canadiens préféreraient être gouvernés autrement.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 4 octobre 2008 08 h 31

    Un sondage pipé

    Alors le Bloc n`a pas de présence dans ce coup de sonde pan-national. Ipsos-Reid ne s`intéresse pas à ce qui se passe au Québec pour ne pas déplaire aux commanditaires Conservateurs et Libéraux. Ceux qui les paient pour faire le travail d`ignorance du Québec. Le biais est vulgaire.

  • Fernand Trudel - Inscrit 4 octobre 2008 12 h 35

    Harper est le moins pire de la gang

    Dans une période de crise chez nos voisins du sud qui va sûrement nous affecter d'une manière ou d'une autre, il faut un chef d'état capable de ne pas s'alarmer et garder la tête froide pendant la tempête économique que nous vivrons.
    Seul Harper a démontré ce flegme suffisant pour lui donner notre confiance. Il est le moins pire de la gang.

    Layton veut tout socialiser et étatiser et Dion veut tout centraliser comme dans le bon vieux temps des querelles Ottawa-Québec qui faisait les choux gras à Duceppe qui danse le slow à Toronto complètement décroché d'une campagne qui ne l'intéresse pas.

    Ca ne peut intéresser Duceppe car il ne vit pas au Canada mais ailleurs retirant son large salaire outre pays et se préparant à en récolter une plantureuse pension fédérale qu'il investira sûrement à fabriquer son pays dont il rêve.

    Quant à Dion, il nous retourne dans les ornières des luttes constitutionnelles fort de sa loi sur la clarté référendaire pour combattre l'ennemi séparatiste. L'élire comme premier minuistre permettrait de recommencer le sempiternel débat sur le pouvoir du fédéral de s'immicer dans les prérogatives des provinces donnant des armes à ses ennemis qui ne rêvent que de voir renaître de leurs cendres les velleités d'un troisième référendum rendu impossible par la souplesse et la philosophie des conservateurs qui donnent plus de pouvoirs aux provinces et transfèrent plus de fonds à celles-ci. Pire encore , il a reconnu la nation québécoise et a permis des initiatives du Québec dans la francophonie amenant le sommet à Québec, rien de moins.

    Pour Duceppe abattre les conservateurs c'est raviver le débat référendaire.

    Pour Dion abattre Harper, c,est revenir dans les ornières d'un gouvernement centralisateur.

    Pour Layton abattre Dion et Harper, c'est socialiser et étatiser le plus possible et revenir à la théorie des créditistes de faire de l'argent comme du monopoly.

    Oui harper est la cible de tous, mais personne ne sera dûpe. Harper a redonné aux provinces la marge de manoeuvre qu'elles avaient perdu aux mains des libéraux. Nous vivons un système fédéral décentralisé et les ententes bipartites sont devenues monnaie courante créant ainsi un Canada asymétrique au lieu de celui unitaire des libéraux qui marginalisait les québécois davantage.

    Plusieurs reprochent à Harper de ne pas être assez audacieux en environnement. J'aime mieux quelqu'un qui se donne des cibles atteignables que de se donner des cibles irréalistes comme Kyoto. La décklaration d'Eddie Goldenberg est éloquente en ce sens. Les libéraux savaient en signant que les cibles ne seraireent pas atteintes.

    Harper préconise une diminution nette de 20% de la situiation présente d'ici 2020. C'est pourtant la même cible que s'est donné les pays européen et qui déjà trouvent que le coût exorbitant doit être remis en question car la crise économique leur coupe les fonds nécessaires à cette lutte aux moulins à vent. Voici quelques extraits que j'ai pu glaner en Europe.

    Bien que la Commission européenne a dit qu'il veut réduire les gaz à effet de serre de 20% d'ici à 2020, les chefs d'entreprise s'opposent au recours à des amendes pour obliger l'industrie à réduire ses émissions - en particulier dans le contexte de la crise économique actuelle.

    "Comme la situation économique devient de plus en plus difficile, il est normal que le gouvernement soit de plus en plus sur la défensive sur la question du changement climatique car les efforts nécessaires entraîneront des coûts supplémentaires à court terme," a déclaré à l'AFP un haut fonctionnaire de la Commission sous réserve d'anonymat. Un certain nombre de politiciens européens évoquement désormais ouvertement la dilution, voire l'abandon du projet.

    "Ce plan est un tas de détritus. Il est politiquement correct, mais il ne se fera pas," dit l'ex-Premier ministre italien Guilano Amato la fin du mois d'août dernier.

    Renato Brunetta, ministre italien de l'innovation, a été tout aussi brutal.

    "Si cela arrive, ça serait tuer la reprise économique. Personne n'est obligé de se suicider", a déclaré Brunetta, économiste de formation.

    Un négociateur impliqué dans les pourparlers entre la Commission et les États membres, a déclaré: "Nous entendons de plus en plus ce genre d'arguments de plus en plus, notamment de pays comme l'Italie et l'Allemagne, où l'industrie est de plus en plus inquiète. Bruxelles a pris la menace très au sérieux. " a ajouté le diplomate.

    Alors qu'Harper a réussi a stopper la tendance à la hause des GES en investissant 7 milliards , on lui reproche de ne pas sacrifier l'économie à l'autel du climat. Ce que disent pas ses adversaires c'est que pour respecter Kyoto ca prend un investissement colassal de 200 milliards d'ici 2012. Qui veut se sacrifier autant pour baisser de moins d'un degré dans cent ans. Les efforts pour améliorer notre bilan énergétique sont un combat de tous les jours mais il ne doit pas se faire au détriment de l'innovation et de la technologie qui nous apportent une efficacité accrue. Je crois que la position de Harper est sage et permettra au Canada de rester dans le peloton de tête des économies mondiales. Oui il faut être prudent mais pour la bonne cause soit ne pas épuiser toutes nos ressources financières à un seul combat...