Un candidat vert fait la leçon à sa chef

Québec — La chef du Parti Vert, Elizabeth May, n'a pas compris que le Québec était une «nation», estime le candidat vert dans Louis-Saint-Laurent à Québec.

Cet été, en interview au Globe and Mail, Mme May avait reproché au gouvernement Harper de «laisser la province de Québec» négocier une entente sur la main-d'oeuvre avec la France. Aux yeux de la politicienne, pour satisfaire le Québec, les conservateurs sont prêts à tout, même à «affaiblir» le Canada. «Oui, bien sûr, le Québec a un statut particulier [a particular status] au sein de la fédération. Par exemple, le Québec a un siège [a seat] à l'UNESCO. Pourquoi pas?», a-t-elle concédé au quotidien torontois. Puis elle a ajouté: «Mais de négocier des traités internationaux en bilatéral avec d'autres pays va beaucoup plus loin. Ça pose la question fondamentale suivante: "sommes-nous un pays ou non"?»

M. Cloutier, ancien militant du Bloc, n'est pas d'accord. Il estime que le Québec a «tout à fait le droit de négocier» ce type d'entente. «Le Québec, à la sueur de son front, a réussi à avoir des grenailles avec la doctrine Gérin-Lajoie», selon laquelle «ce qui est de compétence chez nous est de compétence partout», selon la formule de Jean Charest. «Il ne peut s'arrêter là», a insisté le candidat. À ses yeux, «il ne faut pas se borner à l'UNESCO, il y a toutes les autres organisations internationales où on parle entre nations». Il lance: «J'aimerais qu'on informe ma chef qu'il y a deux nations au Canada.»

M. Cloutier, qui dit travailler à temps plein pour le Parti vert du Canada, compte d'ailleurs envoyer un message à Mme May à ce sujet: «Je dois lui écrire quelques notes pour le débat, je vais lui en faire une à ce sujet. Je vais lui dire qu'il faut toujours respecter le Québec dans ses domaines de compétence!» Il croit que sa chef se trompe lorsqu'elle croit que les relations internationales du Québec affaiblissent le Canada. «Non, ça n'affaiblit pas le Canada: tous les Canadiens anglais que j'ai rencontrés se disent fiers qu'il y ait un Québec, que c'est un "plus" pour eux. S'ils sont si fiers [que cela] les différencie des États-Unis, qu'ils laissent le Québec négocier des ententes», dit-il.

M. Cloutier a accompagné Mme May à São Paulo au Brésil en mai 2008 au 2e Congrès des Verts mondiaux. Il est un ancien employé du ministère des Relations internationales du Québec. Sur le site des verts, M. Cloutier se décrit comme «militant souverainiste depuis plus de 25 ans, cofondateur du Bloc québécois dans Québec-Est et Louis-Saint-Laurent». En 1995, il était le bras droit de Claude-H. Roy à la délégation générale du Québec à Paris. «J'étais aux relations de presse», a-t-il précisé.

Il se dit d'ailleurs toujours souverainiste et croit que «le Bloc a prouvé sa pertinence à Ottawa». Mais, à ses yeux, la reconnaissance du Québec comme nation par Stephen Harper est une excellente chose et a changé la donne. «Maintenant, les ambassadeurs canadiens partout à travers le monde sont obligés de tenir compte de la nation québécoise», souligne-t-il. Cette sécurité lui fait dire qu'il y a plus pressant: «Il faut sauver la planète avant tout. Si Honoré Mercier vivait encore, il nous dirait: "Cessons nos luttes fratricides, commençons par sauver la planète".»

Au siège social du Parti vert, Mme May, absorbée par sa préparation au débat des chefs, a refusé toute interview. Le leader adjoint des verts, Claude William Genest (fils du comédien Émile Genest), a refusé de commenter l'affaire.
2 commentaires
  • Yves Archambault - Inscrit 1 octobre 2008 10 h 42

    may,mais,may, mymy!

    le problème ce n'est ta chef coco c'est toi.

  • Claude L'Heureux - Abonné 1 octobre 2008 11 h 25

    Sauvons les deux !

    Je suis bien d'accord avec l'urgence de réagir pour freiner gaspillage des ressources et pollutions: celà regarde chaque citoyens dans son quotidien et voter pour le Bloc qui appuie Kyoto et n'a pas d'intérêts à défendre sauf ceux du Québec qui sont, justement, compatibles, avec le protocole de Kyoto (à dépasser), voter Bloc, donc, est pertinent car c'est, malheureusement, le seul parti au Québec sur lequel nous pouvons compter pour défendre l'environnement et notre nation.

    Claude L'Heureux, Québec