Le portrait culturel des chefs

Stephen Harper pense que le gouvernement du Canada doit oser traverser «le mince fil» qui sépare l'octroi d'une stabilité financière à la culture et le «soutien de choses dont la population ne veut pas». Le premier ministre sortant affirme aussi que si l'État doit jouer un «rôle fondamental» en encourageant l'excellence dans les arts et la culture, il faut que le marché, les consommateurs et les mécènes aident à «façonner le paysage culturel».

Le même Stephen Harper, qui joue du piano, avoue avoir adopté la plateforme électorale du Parti conservateur comme livre de chevet et visité dernièrement le Temple de la renommée du Hockey, à Toronto. Par contre, il ne répond rien quand on lui demande quel artiste il aurait aimé être ou quel est son super héros favori. Par contraste, Jack Layton, du NPD, adore Les Simpson et Stéphane Dion, du PLC, l'incroyable Hulk («parce qu'il est vert»), tandis que Gilles Duceppe, du Bloc, se pâme devant le film Mon oncle Antoine, dans lequel jouait son défunt père, Jean Duceppe.

Ces révélations se retrouvent dans les commentaires publiés hier par le Journal de Montréal et le Globe & Mail. Le premier a sondé les chefs des cinq principales formations politiques canadiennes, dont

M. Harper, pour dresser leur «portrait culturel». Le journal torontois a obtenu une entrevue exclusive sur le thème des récentes compressions dans différents programmes de formation, de création et de diffusion des arts et de la culture.

Où doit s'arrêter l'intervention étatique en ces matières? «Je pense que la vie culturelle est trop fragile pour être abandonnée à elle-même, a répondu le chef conservateur. En même temps, pour être franc, il y a des créateurs et des producteurs qui sont complètement coupés des besoins et des demandes du public.»

Du même souffle, il nie que la décision récente d'imposer des compressions de plus de 45 millions (la Conférence canadienne des arts les évalue plutôt à 60 millions) soit fondée sur le plan idéologique. Pour lui, l'élimination des programmes découle uniquement des «évaluations internes» du ministère du Patrimoine. «Il faut faire des choix», tranche Stephen Harper, rappelant que si certains programmes ont disparu, son gouvernement a augmenté le total des budgets culturels.

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