Engagez-vous auprès des itinérants, demande le RAPSIM aux partis

Photo: Agence Reuters

Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) a profité de la campagne électorale pour passer un message aux candidats. Craignant que le programme fédéral destiné aux itinérants ne soit pas renouvelé, l'organisme a réclamé des engagements à cet effet de la part des partis politiques. Lors de la manifestation organisée à Montréal hier, les candidats de trois partis ont répondu à l'appel, mais le Parti conservateur brillait par son absence.

Depuis 2001, le programme Initiative de partenariats de lutte à l'itinérance (IPLI) permet aux organismes oeuvrant auprès des itinérants de financer leurs services et leurs installations. De l'enveloppe de 18 millions versée annuellement au Québec, Montréal reçoit huit millions. Comme le programme prend fin le 31 mars 2009 et que les conservateurs n'ont toujours pas annoncé leurs intentions, les organismes membres du RAPSIM ont commencé à s'inquiéter au sujet de l'avenir du programme.

«Il y a plus de 80 personnes, à l'heure actuelle, qui sont payés grâce à ce programme. Ils travaillent dans les refuges, dans les ressources d'hébergement ou dans la rue», a indiqué hier Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Selon lui, le programme est essentiel pour soutenir la réalisation de logements sociaux et pour améliorer les installations d'organismes tels que la Maison du Père, l'Itinéraire ou Cactus. «Si Ottawa ne maintient pas ce programme-là, le nombre de personnes qui sont dans la rue va augmenter», a-t-il ajouté.

Bien qu'il reste 200 jours à l'échéance de mars 2009, M. Gaudreau croit que le gouvernement devra annoncer ses couleurs sans tarder. «Il y a deux ans, le gouvernement avait annoncé sa décision en décembre, alors qu'il y avait la même échéance du 31 mars. C'était beaucoup trop tard et ça avait causé beaucoup de problèmes dans les services d'aide aux sans-abri», a-t-il expliqué.

Non seulement le RAPSIM réclame-t-il que le programme soit prolongé de cinq ans, mais il demande aussi que son budget passe à 50 millions pour le Québec, dont 21 millions pour Montréal. Le programme n'a pas été indexé depuis 2001, alors les besoins sont croissants, a-t-on fait valoir hier.

Plusieurs candidats aux élections se sont pointés à la manifestation, qui avait lieu devant les bureaux du Secrétariat national des sans-abri, boulevard René-Lévesque, afin d'appuyer les revendications du RAPSIM. Le candidat libéral de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, a indiqué que si son parti reprenait le pouvoir, il reconduirait le programme IPLI pour cinq ans. «Je parle de cet enjeu [l'itinérance] à toutes les occasions possibles et je suis en campagne depuis onze mois», a-t-il insisté.

Selon le candidat et député du Bloc québécois dans Hochelaga, Réal Ménard, les demandes du RAPSIM sont raisonnables. «Si les gouvernements sont quelquefois aveugles, ils ne sont jamais sourds. Ils vont là où il y a du bruit et, aujourd'hui, il faut faire du bruit parce que c'est extrêmement important», a-t-il rappelé.

De son côté, la candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans Westmount-Ville-

Marie, Anne Lagacé-Dowson, a rappelé que son chef, Jack Layton, militait depuis des décennies pour contrer l'itinérance. «Il n'y a aucune raison qui puisse justifier qu'il y ait 30 000 itinérants et sans-abri à Montréal», a-t-elle dit.

Aucun candidat du Parti conservateur n'était présent à la manifestation. Au Secrétariat national des sans-abri, on s'est refusé à tout commentaire, en raison de la campagne électorale en cours.

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