Sans le Bloc, pas de nation québécoise à Ottawa

Photo: Jacques Nadeau

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a tenu son assemblée d'investiture devant une foule enthousiaste hier soir au National, rue Sainte-Catherine, au coeur de sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie.

«C'est un microcosme du Québec moderne, a-t-il lancé d'entrée de jeu en parlant de son coin de Montréal. Le Plateau, en haut de la circonscription, regroupe une population d'artistes, d'étudiants et de professionnels qui viennent de partout au Québec. C'est le Québec qui réussit. Plus au sud, on retrouve une des plus grandes et des plus vivantes communautés de gais et lesbiennes d'Amérique du Nord.»

Gilles Duceppe s'est dit heureux de représenter ce quartier. «Je m'excuse auprès de mes collègues du Bloc et des autres partis, mais pour moi, la plus belle circonscription, c'est Laurier-Sainte-Marie!»

Critiqué par certains — dont l'ancien ministre péquiste Jacques Brassard — qui estiment qu'il ne parle pas assez de la souveraineté du Québec, Gilles Duceppe a abordé le sujet hier.

«La nation québécoise n'est ni meilleure ni pire que les autres, elle est différente, tout simplement. Ça, c'est fatiguant pour les partis fédéralistes. Tenir compte de la différence, c'est exigeant, bien sûr. Alors, pendant longtemps, les partis canadiens ont nié ou dilué cette différence, la noyant dans des termes comme "société distincte" ou "à caractère unique". Mais on ne veut pas être une province comme les autres, comme disait Bourgault, on veut être un pays comme les autres», a-t-il dit sous un tonnerre d'applaudissements.

Même s'il a encouragé les fédéralistes à voter pour le Bloc québécois il y a quelques jours — ce qui lui a valu des moqueries de la part de Stephen Harper — Gilles Duceppe estime que le projet souverainiste n'est pas mort.

«Le Bloc Québécois, c'est une équipe qui se fait un devoir de tout mettre en oeuvre pour faire progresser le Québec dès maintenant. Chaque progrès, chaque gain obtenu pour le Québec nous rapproche de notre pleine liberté politique, et donc, de la souveraineté. Mobilisez-vous, mes amis, faites passer le message! À l'issue de ces élections, le meilleur résultat possible pour l'avenir du Québec, c'est la présence d'un maximum de députés du Bloc Québécois à Ottawa», a-t-il dit.

La nation grâce au Bloc...

Selon le chef du Bloc québécois, c'est grâce à sa formation si le Québec est aujourd'hui reconnu comme une nation. «Stephen Harper ne cesse de dire que ce n'est pas grâce au Bloc québécois que la nation québécoise a été reconnue, mais grâce au Parti conservateur. Imaginez: ça vient de Stephen Harper, un des fondateurs du Reform Party, l'un des plus grands pourfendeurs de la société distincte, le vrai père de la loi sur la clarté. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la reconnaissance de la nation québécoise, ce n'était pas un naturel pour Stephen Harper. La réalité, c'est que c'est le Bloc québécois qui a forcé nos adversaires à reconnaître l'évidence», a-t-il lancé.

Plus tôt hier, Stephen Harper avait justement vanté cette réalisation de son gouvernement devant 300 personnes réunies à Saint-Eustache, au nord de Montréal. «Nous avons reconnu que lorsqu'on fait partie d'une nation, il est parfaitement normal d'être nationaliste», a-t-il dit.

Gilles Duceppe a également fait plaisir aux nombreux artistes présents hier. «Comment peut-on sincèrement reconnaître une nation et frapper en son coeur, en son âme, en coupant dans la culture? Ce n'est pas raisonnable et j'en prends l'engagement devant vous ce soir: je n'aurai jamais de cesse avant d'avoir enfin fait comprendre le bon sens à Stephen Harper et à Josée Verner», a-t-il affirmé. «La culture québécoise, c'est pas touche!»

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