Mario Dumont accuse le Bloc de mener une campagne de peur

Québec — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a dénoncé la «campagne de peur» que mène le Bloc québécois contre les conservateurs. Mais il s'est bien gardé de critiquer les publicités négatives dont use le parti de Stephen Harper pour noircir le chef libéral Stéphane Dion.

Accompagné de trois de ses députés — Éric Caire, François Desrochers et Lucie Leblanc —, Mario Dumont a étalé les exigences de son parti au regard des élections fédérales, exigences tout droit tirées du programme adéquiste, notamment la réouverture de la Constitution canadienne pour enchâsser la reconnaissance du Québec comme nation et pour encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.

Le chef de l'opposition officielle a profité de l'occasion pour décrier «les grandes déclarations terrorisantes» faites par le Bloc à l'endroit des conservateurs. Il a dit souhaiter «qu'on mette de côté les campagnes de peur qui sont franchement ridicules». Le Parti conservateur utilise l'arme de la publicité négative, il est vrai, mais «inévitablement, dans le débat politique, il arrive des points musclés de comparaison entre les programmes, de comparaison entre les visions», a fait valoir M. Dumont.

L'appétit pour entreprendre des négociations constitutionnelles est «relativement faible», a-t-il été forcé de reconnaître. Mais ce n'est pas une raison pour ne rien tenter, selon lui. «Si on trouve qu'il manque d'appétit à Ottawa pour parler de Constitution, ce n'est pas des cuisines de Jean Charest que sort une bonne petite odeur de roast-beef.»

Quel que soit le sort que réservera l'un ou l'autre des partis politiques fédéraux aux demandes de l'ADQ, Mario Dumont n'a pas caché qu'il votera pour Stephen Harper. «Vous connaissez mon vote», a -t-il dit, ajoutant qu'il avait voté du même bord au fédéral lors de «plusieurs élections consécutives». Les troupes adéquistes n'ont reçu aucun mot d'ordre pour qu'elles prêtent main-forte aux conservateurs, a assuré Marion Dumont. En revanche, il est clair que, «mathématiquement», plus d'adéquistes travaillent pour le PC que pour tout autre parti, a-t-il reconnu.

Si Mario Dumont se sent attiré par Stephen Harper, c'est avant tout parce que le Canada a subi pendant longtemps «l'emprise de la centralisation», faisant allusion au long règne du Parti libéral du Canada. «Et soudainement, un parti [le Parti conservateur] qui montre du respect pour l'autonomie des provinces, c'est positif pour le fonctionnement du Canada et tout autant pour le Québec comme province».

Outre ses visées constitutionnelles, l'ADQ exige des partis fédéraux qu'ils ne bloquent pas le développement de la médecine privée au Québec en invoquant la loi canadienne sur la santé. Le parti réclame en outre le transfert sans condition des investissements fédéraux en matière d'infrastructure pour une période de dix ans. Enfin, le respect du protocole de Kyoto, que les conservateurs ont relégué aux oubliettes, demeure une priorité de l'ADQ.

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