Les libéraux et le portefeuille des contribuables

Ils prétendent:Les publicités conservatrices rendues publiques hier matin accusent le chef libéral Stéphane Dion de vouloir hausser la TPS, de priver les familles du versement de 100 $ par mois par enfant de moins six ans mis en place par le gouvernement Harper et de vouloir alourdir le fardeau fiscal des Canadiens avec sa taxe sur le carbone.

Les faits disent :

Le chef libéral a nié hier vouloir hausser la TPS, mais le 31 octobre 2007, le jour où ses députés et lui se sont abstenus pour la laisser passer et éviter une élection, il a laissé planer un doute sur ses intentions futures, doute que les conservateurs exploitent aujourd'hui. À un journaliste qui voulait savoir si un gouvernement libéral rehausserait la TPS, il avait dit qu'il prendrait cette option en considération. «We'll consider that», avait-il dit. Ce n'est que plus tard qu'il a précisé sa pensée.

Pour ce qui est de l'élimination de la «Prestation universelle pour la garde d'enfants» (PUGE), impossible de trouver une déclaration du chef libéral qui confirme l'affirmation conservatrice. Le Parti conservateur appuie son accusation sur une réponse donnée par M. Dion dans le cadre d'une entrevue au National Post en octobre 2006. Quand on lui demande s'il mettra fin au plan conservateur en matière de garde d'enfants, il répond par l'affirmative. Mais vise-t-il l'ensemble de la politique ou un de ses volets?

Cette dernière en comporte deux. Il y a d'abord la prestation de 100 $ par mois versée à tous les parents d'enfants de moins de six ans, qu'ils aient ou non recours à des services de garde. Il y a ensuite un fonds de 250 millions par année pour la création de places par les organismes communautaires et les entreprises.

Il est difficile de conclure que M. Dion songeait à l'élimination de la prestation puisqu'il dit dans la même entrevue vouloir augmenter l'aide financière aux parents. En 2007, la députée Ruby Dhalla précisait que le PLC veut que la PUGE soit non imposable. Actuellement, seulement les familles les plus pauvres conservent la totalité des 1200 $ par année. Selon l'Institut Caledon, les parents peuvent se retrouver avec aussi peu que 640 $, une fois payés leurs impôts fédéraux et provinciaux.

Le deuxième volet de la politique conservatrice, que M. Dion critiquait directement en 2006, ne décollera jamais et sera modifié lors du budget de 2007: les 250 millions par année seront versés aux provinces, et un crédit d'impôt sera offert aux entreprises. Selon le ministère du Développement des ressources humaines, les provinces auraient, jusqu'à présent, créé environ 60 000 places grâce à ces fonds. Il n'a pas fourni de chiffres sur le nombre de places créées en milieu de travail.

Pour ce qui est de la troisième accusation conservatrice, elle relève de la rhétorique électorale. Quel parti n'a jamais pris plaisir à souligner les travers d'une promesse adverse tout en passant sous silence ses bons côtés? La taxe sur le carbone de Stéphane Dion entraînera une hausse des prix, mais le Tournant vert prévoit utiliser les revenus de cette taxe pour réduire les impôts sur le revenu.

***

mcornellier@ledevoir.com

À voir en vidéo