Taxe sur le carbone - Dion plus ambitieux que prévu

Ottawa — Le plan libéral de taxe sur le carbone est beaucoup plus ambitieux que prévu et dépasse tous les chiffres qui ont circulé jusqu'à maintenant dans les médias. Ce matin à Ottawa, Stéphane Dion annoncera que sa stratégie environnementale procurerait des baisses d'impôt de 15,5 milliards de dollars par année, a appris Le Devoir de sources sûres. Autant les entreprises que les citoyens en profiteraient.

Le Parti libéral du Canada dévoilera ce matin sa taxe sur le carbone tant attendue, qui sera accompagnée d'une panoplie d'autres mesures environnementales, notamment la mise en place d'un marché d'échange de crédits de gaz à effet de serre (GES) et des incitatifs pour l'achat de véhicules à faible consommation d'essence. L'objectif est de rendre le pays moins dépendant des énergies fossiles (charbon, pétrole, etc.) qui causent les GES et donc les changements climatiques.

Contrairement aux informations publiées hier en manchette d'un quotidien montréalais, la taxe sur le carbone de Stéphane Dion permettrait de remettre 15,5 milliards de dollars par année aux entreprises et aux particuliers, et non pas 10 milliards. De plus, le plan libéral dans son ensemble sera bien supérieur à 14 milliards de dollars par année, un autre chiffre erroné qui a circulé.

À elle seule, la taxe sur le carbone que les libéraux mettraient en place — s'ils prennent le pouvoir — permettrait de récolter 15,5 milliards de dollars par année. Cette somme sera entièrement redistribuée en baisses d'impôt, ce qui la rendra fiscalement neutre.

De plus, le plan des libéraux, qui se nomme Tournant vert, aura un autre volet, qui servira cette fois à financer le développement des technologies vertes, à rénover les maisons pour les rendre moins énergivores et à inciter les gens à acheter des véhicules qui consomment moins d'essence. L'argent pour cette portion du plan ne proviendrait pas de la taxe sur le carbone, mais plutôt d'un réaménagement des priorités du gouvernement, a-t-on appris. Ce montant atteindra lui aussi des milliards de dollars sur plusieurs années.

Baisses d'impôt

Le plan Tournant vert serait mis en place graduellement pendant quatre ans. Une fois la taxe sur le carbone complètement en application, elle rapporterait 15,5 milliards par année. Les entreprises profiteraient alors de baisses d'impôt de 4,5 milliards et les citoyens, de 11 milliards.

Les grandes entreprises verraient ainsi leur taux d'imposition général diminuer de 1 %, tout comme les petites entreprises. Pour les citoyens, les libéraux modifieraient à la baisse les taux d'imposition pour tous ceux qui gagnent moins de 123 000 $ par année.

Ainsi, l'impôt sur la première tranche de revenus imposables (jusqu'à 37 884 $) passerait de 15 à 13,5 %. L'impôt sur la tranche suivante (de 37 885 $ à 75 678 $) passerait de 22 à 21 %, alors que l'impôt pour ceux qui gagnent entre 75 769 $ et 123 184 $ passerait de 26 à 25 %.

Pour ceux qui ne paient pas d'impôt (personnes âgées ou à faible revenu), les libéraux ont prévu un mécanisme spécial, notamment des crédits d'impôt remboursables. Stéphane Dion fera d'ailleurs un lien entre son plan et la lutte contre la pauvreté.

Pas de nouvelle taxe sur l'essence

Selon nos informations, la taxe sur le carbone s'appliquerait à différentes formes d'énergie, notamment l'électricité produite avec du charbon et le mazout pour le chauffage de la maison. Mais aucune nouvelle taxe ne s'ajouterait à l'essence à la pompe. Le plan libéral prévoit utiliser la taxe d'accise fédérale (10 ¢ le litre) déjà en place pour financer en partie son plan.

Le parti de Stéphane Dion veut inciter les gens à changer leurs habitudes de vie et de consommation en déplaçant la charge fiscale. Mardi, dans un discours prononcé à Winnipeg, il résumait ainsi son plan: «Nous allons réduire les impôts sur ce que nous voulons voir augmenter: revenus, investissements et innovation. Et nous allons reporter ces impôts sur ce que nous voulons voir baisser: pollution, rejets de gaz à effet de serre et gaspillage, avait-il dit. [...] Globalement, le Tournant vert sera fiscalement neutre. Cela sera inscrit dans la loi et la vérificatrice générale vérifiera tous les ans la neutralité fiscale du Tournant vert.»

Le chef libéral doit s'attendre à recevoir de virulentes critiques de la part des autres partis d'opposition, puisque le Parti conservateur, le Bloc québécois et le NPD ont rejeté l'idée d'une taxe sur le carbone. «Le Parti libéral veut augmenter les taxes à tous les niveaux avec ses politiques environnementales et économiques insensées. C'est mauvais pour le Canada», a d'ailleurs affirmé le premier ministre Stephen Harper aux Communes mardi. Les conservateurs ont déjà mis en marche une campagne publicitaire à la radio pour dénoncer les libéraux.

Par contre, plusieurs grands groupes écologistes, ainsi que des économistes réputés, appuient une taxe sur le carbone. Il y a fort à parier que cette mesure sera l'objet d'un intense débat lors de la prochaine campagne électorale.

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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
6 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 19 juin 2008 08 h 27

    Le risque courru

    Les canadiens furent leurrés par des gouvernements libéraux sous Trudeau et Chrétien, alors que ceux-ci appliquèrent des politiques contraires aux intentions pré-électorales. Dion ne dérogera pas à cette coutume toute libérale au Canada. Plus de taxes veut dire plus de manoeuvres politiques partisanes. Faut pas rêver!

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 19 juin 2008 10 h 25

    Le mirage de la taxation

    Les gouvernements ont l'imagination très fertile pour taxer à tort et à travers. On le constate avec la TPS/TVQ trop élevée et inéquitable. Ils cherchent maintenant à rendre le simple citoyen consommateur entièrement et principalement responsable de la pollution sous toutes ses formes. Comme s'il dictait ses choix de consommation aux décideurs. C'est la classe techno-industrielle capitaliste pour laquelle on doit sévir, c'est elle qui est à l'origine de la société de consommation, le consommateur est manipulé dans ses choix possibles, les dés du sacro-saint marché sont pipés d'en haut et on n'y peut rien, nous. C'est tout l'appareil de production lui-même qui doit être repensé à la source puisqu'il détruit l'environnement à des fins lucratives. Le citoyen ne fait que suivre, il est coulé dans le moule, lui. La taxe Dion ne fera pas un pli sur la différence chez les riches décideurs, mais le populo va être saigné à blanc, lui. C'est certain, c'est évident. Ils ont décidé surtout de désigné le plus grand nombre comme le seul responsable de tout ce fouillis environnemental en bout de ligne. Ils vont se garder la consommation outrancière, et nous restreindre de plus en plus, voilà tout. Au lieu de redéfinir les règles du jeu économique pour tous, sur une base éthique et écosystémique.

  • Fernand Trudel - Inscrit 19 juin 2008 10 h 40

    Quand des causes deviennent des sources de taxation

    La cause environnementale est une excuse pour détourner des fonds vers les coffres de l'état. Quand on vise un revenu de taxes de 15 milliards pour des causes enviuronnemetales et respecter Kyoto, on s'apercoit que ce protocole est de plus en plus un marché de dupes. Faut pas oublier que le coût total du protocole de Kyoto est pour les canadiens seulement d'un montant de 200 milliards. L'entêtement des AmiEs de la Terre a exiger via les tribunaux, le respect intégral du protocole de Kyoto pour atteindre les cibles de 2012, celà signifie que le gouvernmement devra consacrer la moitié de son budget total pendant 4 ans à cette cause nébuleuse, dogmatique et illusoire.

    Nébuleuse car malgré les dictats de l'ONU, on est pas garanti de résultats probants. 200 milliards dans l'air c'est appauvrir les canadiens inutilement et priver les tiers-monde de support immédiat sous peine de mort. Mais nos amis écolos sont tellement enregimentés qu'ils préfèrent leurs causes à la vie humaine. Paul Watson, ce militant écolo n'a t'y pas applaudi la mort de pêcheurs madelinots. La lutte aux OGM des AmiEs de la Terre privera 2,5 milliards d'humains de source d'alimentation. Pas grave on sera moins d'humains à polluer et ainsi on respectera les objectifs de décroissance pour lequels ils militent. D'ailleurs leur interprértation de la décroissance est la suivante : «Un prolongement de la simplicité volontaire vers le socio-politique.» On veut niveler par le bas et créer un socialisme appauvrissant...

    Mais Stéphane Dion vise les entreprises qui devant de tels exigences auront deux choix:

    1) Passer la facture aux consommateurs qui ne pourront joindre les deux bouts écrasés par les hausses de prix provoquées par cet engouement écolo.
    2) Déménager vers des pays en émergence qui sont moins contraigrants envers eux. D'autres entreprises qui deviendront asiatiques ou sud-américaines.

    Ce n'est pas le Canada le principal pollueur mais bien la Chine, l'Inde , le Brésil et les États-Unis qui n'ont pas signé pas le protocole de Kyoto auquel certains tiennent maladivement et qui est peu scientifiquement appuyé. Je rappelle la pétition de 32,000 scientifiques dénoncant ce protocole comme un leurre et un gaspillage de fonds. La priorité est de partager la richesse avec les plus pauvres, pas d'engloutir des fonds comme dans l'aventure de l'Éthanol, des fluocompactes, etc...

    Il faut faire la distinction entre la pollution due à la négligeance et le contrôle de l'air planétaire. Pour l'un les résultats locaux sont tangibles et les efforts nécesaires. Pour l'autre, la nature a cette autorégulation que l'homme ne peut contrôler. Alors l'intervention humaine est un coup d'épée dans l'eau pendant qu'on ploie sous les taxes, qu'on crève de faim, qu'on ait besoin d'eau potable pour s'abreuver et des soins adéquats pour enrayer les épidémies. mais nos adeptes de la religion kyotiste sont aveuglés par leur cause cul-de-sac...

    Le plan Dion est une vision de nivellement par le bas et d'appauvrissement collectif et répond à la décroissance que vise les écolos. Quand on est rendu à taxer l'air et bientôt l'eau, on appelle ca de la dictature économique.

  • Jean-Louis Tanguay - Inscrit 19 juin 2008 11 h 04

    Les cyniques seront confondus

    L'urgence de la situation des changements climatiques commande des solutions d'envergure audacieuses. Le PLC a le courage de risquer la défaite électorale en donnant la priorité aux intérêts supérieurs du pays-- le Canada, qui inclut le Québec, faut-il le rappeler.

    Les souverainistes ne pardonneront jamais à Stéphane Dion la fameuse loi sur la clarté référendaire. Placent-ils leur rancoeur au-dessus de l'environnement? Sinon, qu'ils aient l'honnêteté d'évaluer le Tournant vert proposé par les Libéraux au lieu de le rejeter d'emblée cyniquement.

    Il n'y a plus de temps à perdre, et l'heure est aux mesures audacieuses. L'avenir de la planète est en jeu et nous devons tous faire notre part. De toute façon, il va falloir payer,tôt ou tard, alors aussi bien le faire de façon intégrée à la fiscalité, tel que proposé par M. Dion.

    Il faut plutôt être reconnaissant au chef libéral de vouloir s'adresser au coeur et à l'intelligence de ses concitoyens pour débattre d'une solution à long terme aux changements climatiques.

  • Maurice Monette - Inscrit 19 juin 2008 12 h 53

    Imaturité

    Ces prétendus(es) gens exemplaires qui doivent donner une ORIENTATION aux habitudes de vie des gens de la $ociété Humaine $aine / $. H. $. sont d'une IMMATURITÉ CRA$$E (CRASSE) qui précipite en vitesse grand V notre CHUTE aux ENFERS de la DÉGÉNÉRESCENCE de notre BIOSPHÈRE.

    Ces huluberlus qui n'ont aucune conscience que la $ur-exploitation de notre MÈRE la TERRE qui a été faite jusqu'ici, pour perpétuer NOTRE niveau de vie, ÇA a eus et ÇA a des impacts DIRECTS sur notre BIOSPHÈRE, au point où NOUS en sommes rendus(es) à la LIMITE avant de SOMBRER dans la DÉCHÉANCE TOTALE. Et personne ne s'en apperçoit... Même pas les groupes "d'écologistes à la gomme" qui encouragent cette TAXE pour avoir le droit de polluer encore plus.

    Mais, n'y a t'il personne pour se rendre compte que NOUS avons déjà TROP EXPLOITÉE cette TERRE qui était encore d'ÉMERAUDE au début de la décennie 1980. Par contre, qui à partir de juin 1989, à partir du moment où la MAÎTRISE sur le PACTOLE MONDIAL a été remise aux divers gouvernements démocratiques de l'humanité, ceux-ci ont abandonnée toute lucidité et se sont lancés dans une cour$e (course) à l'enrichi$$ement (enrichissement)sans avoir CONSCIENCE que l'ARGENT ne pousse pas dans les ARBRES et, qu'après avoir "minoté" et tout converti en comptes qui paralysent la LIBRE-CIRCULATION du pécule, tel des R.E.E.R. et autres véhicules financier$ pour "minoter", on s'est mis à SUR-EXPLOITER notre BIOSPHÈRE pour satisfaire encore plus notre CUPIDITÉ PERNICIEUSE. Ce qui NOUS oblige de détruire ce qui reste de potable, pour en tirer encore plu$ "d'o$eille" tout en prétendant que la disparition des BIOMES est quelque chose de NORMAL, vu le PASSAGE de notre TERRE à un nouveau CYCLE d'environ 2000 ans.

    Je pourrais continuer pendant très longtemps, pour décrire l'APOCALYPSE qu'une certaine partie "richarde" de l'humanité est entrain d'infliger à NOTRE BIOSPHÈRE mais, personne ne veut s'ouvrir l'esprit et cesser d'agir en irresponsable DÉLÉTÈRER pour la SANTÉ de notre MÈRE, la TERRE, alors, MOUREZ donc toutes & tous "BANDE-de-CAVE$"....

    Merci de votre ATTENTION & la FIN sera plus rapide...

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    BIOLOGISTE #939