Pensionnats autochtones - La réconciliation est impossible sans excuses

Ottawa — La Commission de vérité et de réconciliation, chargée d'examiner l'épisode des pensionnats autochtones au Canada, a estimé hier que les excuses officielles promises par le premier ministre Stephen Harper étaient une étape nécessaire pour la réconciliation.

«Nous pouvons affirmer de prime abord que la réconciliation n'est possible qu'à la condition que des excuses soient présentées», affirme la Commission qui a entamé ses travaux le 1er juin.

M. Harper doit présenter mercredi des excuses officielles, devant la Chambre des communes, aux milliers de survivants des pensionnats où de jeunes autochtones ont été enrôlés de force et soumis à des abus au siècle dernier.

«Des excuses véritables et d'une sincérité profonde, qui reconnaissent sans détours les ténèbres destructrices engendrées par cette expérience et qui engagent les Canadiens sur la voie d'un avenir radieux ... constitueront une étape dans le bon sens sur le chemin de la réconciliation», affirme cet organisme présidé par le juge Harry LaForme, un Indien Mississauga qui était juge à la Cour d'appel de l'Ontario et premier autochtone à occuper un poste judiciaire de ce niveau.

La mise en place de cette commission avait été promise par le gouvernement dans le cadre d'un accord de règlement global pour les victimes de cet épisode que le leader national autochtone Phil Fontaine a appelé «un des chapitres les plus sombres de l'histoire canadienne».

Pendant des décennies, au siècle dernier, des dizaines de milliers de jeunes autochtones ont été enrôlés de force dans des pensionnats tenus par des institutions religieuses puis placés sous l'autorité du gouvernement fédéral. Environ 90 000 anciens pensionnaires sont encore en vie.

Plusieurs milliers d'entre eux avaient engagé des poursuites contre Ottawa et les églises, affirmant avoir été victimes de mauvais traitements, de sévices sexuels et d'avoir été coupés de leur culture pour être soumis à une assimilation forcée.