En bref - Réfugiés refusés pour protéger un Canadien

Toronto — Le gouvernement canadien aurait refusé d'accueillir des Chinois d'origine ouïgoure détenus à la base militaire de Guantanamo, par crainte de voir Pékin se venger sur un Canadien emprisonné en Chine.

Le quotidien torontois Globe and Mail rapporte dans son édition d'hier qu'en 2002, une vingtaine de Chinois appartenant à la minorité ouïgoure ont été interpellés au Pakistan et transférés à Guantanamo. Les responsables américains ont rapidement réalisé que les hommes — tous membres d'une minorité qui réclame son indépendance de la Chine — étaient innocents et ont sollicité plusieurs pays, dont le Canada, pour les accueillir. Les pourparlers avec le Canada se seraient déroulés en mai 2006, au même moment où le Canadien Huseyin Celil, lui aussi d'origine ouïgoure, a été arrêté en Ouzbékistan et remis aux autorités chinoises. Selon des sources gouvernementales citées par le Globe and Mail, Ottawa a failli accepter d'accueillir ces individus mais a finalement changé d'idée par crainte de voir les conditions de détention de M. Celil se détériorer en Chine. En avril 2007, M. Celil a été condamné à la prison à vie pour terrorisme. Les prisonniers — qui n'ont pas été rendus à la Chine, par crainte qu'ils ne soient torturés — ont finalement été accueillis par l'Albanie. Les autres pays sollicités avaient refusé pour ne pas être associés à Guantanamo ou pour ne pas provoquer la colère de la Chine.

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