Rapport de l'ombudsman - L'armée est injuste à l'égard des réservistes

Ottawa — Les réservistes des Forces canadiennes n'ont pas tous accès à des soins médicaux adéquats, contrairement aux soldats de la force régulière. Dans un rapport spécial rendu public hier, l'ombudsman par intérim du ministère de la Défense, Mary McFadyen, affirme que cette «injustice importante» a cours depuis des années et qu'elle doit cesser.

L'enquête de l'ombudsman a été lancée en 2006 à la suite de plaintes de la part de réservistes. Le diagnostic posé hier est sans équivoque: l'armée peine à bien soigner les réservistes, eux qui font un autre métier dans la vie et qui sont donc plus difficiles à suivre pour le ministère de la Défense. Mary McFadyen reconnaît d'ailleurs que les soins de santé destinés aux réservistes sont plus difficiles à fournir sur une longue période, notamment pour la physiothérapie ou les soins de santé mentale.

Le rapport, intitulé «Des soins de santé sous toutes réserves», précise toutefois que ce problème d'accès aux soins ne touche pas les réservistes qui s'entraînent en vue de la mission en Afghanistan ou qui prennent part aux combats à Kandahar. Les lacunes se concentrent surtout sur l'entraînement régulier au Canada.

«En échange de l'engagement qu'ils prennent à s'entraîner et à servir leur pays, les réservistes s'attendent à juste titre à recevoir les meilleurs soins possibles lorsqu'ils sont blessés ou qu'ils tombent malades durant leur service ou pendant l'exercice de leurs fonctions, a déclaré Mme McFadyen. S'il y a deux poids, deux mesures, à savoir une norme pour la force régulière et une norme pour la réserve, c'est injuste pour tout le monde. En fait, je crois qu'il s'agit d'une injustice importante au sein de la force militaire du Canada.»

Selon Mme McFayden, «la quantité des soins médicaux dispensés aux réservistes est largement imprévisible», puisque «certains réservistes ne reçoivent aucuns soins de la part des Forces canadiennes», dit-elle. Les enquêteurs au service de l'ombudsman soutiennent que l'une des sources du problème vient du fait que les blessures des réservistes se produisent parfois «à la suite d'activités qui ne sont pas liées à l'exercice des fonctions du réserviste, comme le maintien de la condition physique», ce qui complique la tâche du ministère de la Défense.

De nombreux réservistes n'ont pas de certificat médical à jour dans leur dossier et n'ont pas droit à des évaluations de santé périodiques et aux vaccinations habituelles des Forces canadiennes, ajoute Mme McFayden.