Saïd Namouth tente d'obtenir sa libération

René Duval, l’avocat du présumé terroriste Saïd Namouh, a révélé à la cour, hier, que son client ne risquait pas de s’enfuir du pays s’il était relâché.

M. Duval a fait cette déclaration au cours de l’audience sur la libération sous caution de Namouh, qui est accusé de complot pour commettre des attentats à la bombe en Autriche.

L’homme de 34 ans tente d’obtenir une libération sous caution après avoir passé les trois derniers mois en prison. Il avait été arrêté en septembre dernier, à son domicile de Maskinongé, en Mauricie. Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Namouh entretiendrait des liens étroits avec le Front islamique mondial de l’information (Global Islamic Media Front).

Pour l’avocat de Namouh, des accusations sur papier ne veulent toutefois pas signifier que son client soit coupable. Il ne croit d’ailleurs pas que toutes les vidéos, photos et retranscriptions de sites de clavardage et d’écoute électronique constituent une preuve suffisante pour que son client demeure derrière les barreaux. «S’il y a une crainte, elle est minime», a déclaré M. Duval, ajoutant que le passeport de Namouh avait été saisi et qu’il était sans le sou. «Il n’a même pas les moyens de se payer un billet d’autobus pour Montréal.»

Ce n’est toutefois pas l’avis de la Couronne. Les policiers ont saisi son ordinateur personnel, qui contenait des centaines de vidéos et d’images montrant comment fabriquer des ceinture de bombes pour commettre des attentats-suicides et perpétrer d’autres actes de terrorisme, selon ce qu’a révélé la GRC.

Dans son fureteur internet, le Marocain d’origine qui habite au Québec depuis septembre 2003, après avoir épousé une Québécoise, avait ajouté environ 600 sites de clavardage soupçonnés de servir de liens entre plusieurs terroristes à sa liste de sites favoris.

Namouh est resté de glace tandis que le procureur de la Couronne, Dominique Dudemaine, étalait toute la preuve, présentant même quelques séquences vidéos.

Deux personnes sont également détenues en Autriche en rapport à cette affaire, dont un homme identifié comme étant Mohammed Mahmoud, âgé de 21 ans, apparemment leader du Front islamique mondial de l’information, un groupe de propagande du réseau al-Qaïda de plus en plus relié à des opérations terroristes.

Le nom de Mahmoud apparaît sur l’acte d’accusation, qui dit que Namouh et lui ont comploté entre mars et septembre «dans le but de livrer, placer, décharger ou de faire exploser une bombe à l’extérieur du Canada».