Documents secrets - Les Forces armées avaient prévu un déploiement plus important en Afghanistan

Ottawa — Les Forces armées canadiennes avaient initialement prévu un déploiement beaucoup plus important en Afghanistan que ce qu'elles ont finalement livré, révèlent des documents divulgués récemment.

Alors qu'un groupement tactique de 2200 soldats se préparaient à affronter les talibans, il y a deux ans, l'aviation militaire a élaboré, à la fin de 2005, des plans en vue de déployer huit hélicoptères Griffon CH-146, modifiés pour en faire des appareils d'attaque, et une flotte de chasseurs-bombardiers CF-18.

Ces propositions ont finalement été mises de côté malgré les appels pressants de l'OTAN en faveur d'un plus grand nombre d'appareils, plus particulièrement des hélicoptères de transport et d'attaque.

Les Griffon et avions de combat étaient destinés à donner aux troupes canadiennes leur propre puissance de feu aérienne plutôt que d'avoir à compter sur les nations alliées, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le Canada a finalement choisi d'envoyer des avions de transport Hercules C-130, qui larguent du matériel à des bases situées dans des régions isolées du désert.

Le chef d'état-major de la Défense Rick Hillier a dit qu'il avait d'abord demandé aux forces aériennes d'élaborer un plan d'urgence, pour finalement décider de ne pas recommander le déploiement d'avions et d'hélicoptères de combat.

Simultanément à la décision des forces armées de déployer un escadron de vieux chars de combat Leopard C2 pour lutter contre la violence des talibans à l'automne 2006, l'aviation a conçu un plan en vertu duquel sept Griffon armés auraient été stationnés pendant un an à la base de Kandahar, à compter de février 2007.

Le général Hillier a rejeté le plan. Il estimait que l'OTAN avait suffisamment de chasseurs-bombardiers et d'hélicoptères d'attaque basés à Kandahar, et que le CH-146 n'était pas le type d'appareil dont le Canada avait le plus besoin.

Des critiques font pression sur le ministère de la Défense pour qu'il envoie des Griffon en Afghanistan — en partie pour pouvoir retirer les soldats canadiens des autoroutes farcies d'engins explosifs improvisés de la région de Kandahar.

Le général Hillier a réfuté cet argument, en disant que le CH-146 n'est pas approprié pour fonctionner en altitude et par une chaleur pouvant atteindre 55 degrés Celsius.

Mais des documents internes des forces canadiennes laissent entendre que pour résoudre cet obstacle, il suffirait de réduire d'environ 450 kilos le poids au décollage.

Le général a aussi indiqué qu'il n'était pas convaincu que l'hélicoptère pourrait fonctionner correctement dans un rôle de combat.

À voir en vidéo