L'armée afghane reçoit enfin les fusils C-7 attendus du Canada

Renforcer l’armée afghane est considéré comme un point crucial de la stratégie de sortie de l’armée canadienne d’Afghanistan.
Photo: Pascal Ratthé Renforcer l’armée afghane est considéré comme un point crucial de la stratégie de sortie de l’armée canadienne d’Afghanistan.

Kandahar — Après une longue et frustrante attente de trois ans, l'Armée nationale afghane (ANA) a finalement reçu 42 boîtes de fusils canadiens C-7, qui remplaceront ses AK-47 remontant à l'ère de l'Union soviétique.

Les militaires canadiens ont commencé la semaine dernière à enseigner à leurs homologues afghans les rudiments de la manipulation de ces nouvelles armes à feu, qui faisaient partie de la réserve d'armurerie canadienne.

«Ce sont des armes modernes et nouvelles, a déclaré hier le brigadier-général Gul Awa à La Presse canadienne, avec l'aide d'un interprète. Les C-7 étaient vraiment nécessaires pour l'ANA.» Il a ajouté que les AK-47 bloquaient souvent, laissant les soldats afghans vulnérables aux tirs ennemis.

Le gouvernement canadien avait annoncé sans tambour ni trompette le mois dernier qu'il donnerait 2500 fusils à l'armée afghane, en plus de lui fournir des munitions et de l'entraînement, dans le but de renforcer sa capacité d'assurer la sécurité dans la province de Kandahar.

Point crucial

Renforcer l'ANA, et plus récemment la police afghane, est considéré comme un point crucial de la stratégie de sortie de l'armée canadienne d'Afghanistan.

Le brigadier-général canadien Guy Laroche, qui commande les troupes canadiennes dans le sud de l'Afghanistan, a expliqué que le délai de livraison des fusils a été très long, notamment parce que le Canada devait obtenir l'approbation des États-Unis et d'autres pays pour les distribuer en Afghanistan, la conception du C-7 étant inspirée de celle des fusils M-16 américains.

«La technologie qui a servi à fabriquer ces C-7 vient de différents pays et nous devions nous assurer d'avoir l'approbation de ces pays pour partager la technologie avec l'Afghanistan, a indiqué le commandant Laroche. Dans ce cas-ci, nous avons dû consulter les États-Unis pour déterminer exactement ce que nous pouvions partager, et c'est pour ça que cela a pris du temps.»

La taille relativement petite des soldats afghans avait été citée en août comme un autre motif du délai.

Le lieutenant-colonel Wayne Eyre, qui assumait le commandement de l'équipe de liaison canadienne responsable de l'entraînement de l'ANA, avait laissé entendre qu'à cause de la petite taille des soldats, on avait dû modifier les fusils.

Le brigadier-général Aqa a dit comprendre que la livraison puisse prendre du temps, mais il est content que tout soit réglé. Il a toutefois noté qu'il faudrait plus d'armes, étant donné que 12 000 soldats de l'ANA sont déployés dans la province de Kandahar.

Le brigadier-général Laroche a pour sa part soutenu que les 2500 fusils étaient suffisants pour les brigades appuyées par le Canada — quatre bataillons de 600 hommes et un cinquième qui s'ajoutera dans les prochains mois.

À voir en vidéo