Procréation assistée: l'attente devient exaspérante

Ottawa — Les intervenants du milieu de la procréation assistée sont découragés de constater la lenteur avec laquelle la réglementation devant encadrer cette industrie se déploie. Plusieurs dénoncent la trop grande proximité entre les fonctionnaires fédéraux et les cliniques de fertilité qu'ils sont censés surveiller.

«Je suis déçue et frustrée que cela prenne tant de temps. Cela ne devrait pas être si long», lance Patricia Baird, celle qui avait présidé de 1991 à 1993 une commission royale d'enquête sur les «nouvelles» techniques de reproduction. Il a fallu plus de dix ans à Ottawa pour répondre par une loi et, quatre ans plus tard encore, cette loi n'est toujours pas opérante parce que les règlements devant lui donner vie se font attendre.

«C'est comme si on s'était ingénié pendant 20 ans à ne rien faire», lance Louise Vandelac, sociologue de renom à l'UQAM impliquée dans ce domaine depuis plus de 20 ans, ayant siégé pendant un temps à la commission Baird. «On s'organise pour que ce soit la loi du fait accompli qui devienne la loi. Le Canada est quand même un des rares pays qui aura investi pendant 20 ans du temps et de l'énergie pour en bout de piste laisser la loi du laisser-faire prévaloir.»

Comme le révélait Le Devoir hier, un seul des dizaines de règlements attendus a été rédigé. La nouvelle agence censée les appliquer, Procréation assistée Canada (PAC), a donc peu à faire. En outre, ses dirigeants basés à Ottawa dépensent d'importantes sommes pour se rendre au siège social de Vancouver tenir des réunions.

Copain-copain avec l'industrie

D'autres personnes, qui réclament l'anonymat, critiquent la trop grande proximité entre ceux qui gagnent leur vie en dirigeant des cliniques de fertilité et l'agence censée les surveiller.

PAC a mis sur pied un comité tripartite pour le conseiller sur l'application de la future réglementation. Ce comité tripartite regroupe la direction de PAC ainsi que des membres de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada et de la Canadian Fertility and Andrology Society. On retrouve donc autour de cette table des médecins de l'Ottawa Fertility Center, du Centre de fertilité de Victoria, de la clinique britano-colombienne Genesis et de la clinique montréalaise OVO. Il n'y a aucun représentant des patients, des enfants nés de ces techniques ou encore des éthiciens.

Les députés fédéraux siégeant au comité permanent de la Santé sont perplexes. «Quiconque ayant des intérêts dans ce secteur ne devrait pas siéger dans des comités à titre de partenaires de nos pouvoirs publics», estime la néo-démocrate Judy Wasylycia-Leis.

À Procréation assistée Canada, on répond que ce comité remplit une fonction consultative. «Le comité, explique par courriel la porte-parole Kate McGregor, a été mis sur pied récemment par l'agence tel un forum de discussion sur des questions d'intérêt mutuel, telles que le développement de nouvelles technologies, afin de discuter d'une collaboration éventuelle.» Mme McGregor insiste sur le fait que, l'agence étant distincte de Santé Canada, son comité tripartite n'interfère pas avec l'élaboration des règlements.

Reste qu'au nombre des observateurs qui y siègent se trouvent quelques fonctionnaires de Santé Canada, dont Kata Kitaljevich, la directrice du bureau de mise en oeuvre de la loi sur la procréation assistée. C'est ce bureau qui rédige la réglementation...

Selon Roger Pearson, un médecin porte-parole de la Canadian Fertility and Andrology Society, c'est tout à fait normal. «Santé Canada n'a absolument aucune idée de ce qui se déroule dans nos laboratoires», dit-il en faisant référence aux éprouvettes et atomes microscopiques que seuls un oeil expert peut déchiffrer.

Pour Mme Vandelac, tout cet épisode est symptomatique d'une incapacité canadienne à s'attaquer aux problèmes d'éthique reliés à la santé, que ce soit pour les OGM ou encore les composés chimiques qui meublent notre quotidien. «Le gouvernement organise ces choses d'une manière telle qu'il rend impossible de les penser intelligemment, d'en prendre le contrôle pour les encadrer.»
1 commentaire
  • Maurice Monette - Inscrit 11 décembre 2007 12 h 15

    Quand on essaient de remplacer nos maïtres célestes

    NOUS ne sommes que des entités/âmes qui sont assignées à un véhicule charnel(le) ou corps physique pour poursuivre NOTRE MATURATION donc, toutes les personnes qui ne peuvent pas engendrer de progéniture, c'est qu'il s'agit d'une ÉPREUVE CÉLESTE pour acquérir certaines QUALITÉS de l'esprit ou âme.

    Donc, quand les gens comprendront que NOUS NOUS RÉ-incarnons dans des corps physiques nantis(es) de conditions relevant des ÉPREUVES que NOUS avons choisies de TRANSCENDER pour accéder à une plus GRANDE MATURITÉ alors, NOUS comprendrons que le fait d'être incapable d'avoir des enfants, c'est une de ces ÉPREUVES pour devenir plus MATURES. D'où, être incarné(e) dans un corps INFERTILE, c'est l'occasion d'AMÉLIORER plein d'autres vertus qui NOUS ont fait défaut lors d'autres passages incarnés(es) précédents. Ou encore, l'occasion de s'investir dans un DOMAINE où il s'agit d'ÉDUQUER les enfants des autres, ou etc., etc., etc...

    Mais, s'obstiner à améliorer la FÉCONDATION INVITRO, c'est très pernicieux. CELLE-CI ne devrait être utilisée que pour les gens qui sont devenus(es) INFERTILES par choix, qui se sont faits faire une stérilisation MÉDICALE et, qu'à une ÉTAPE particulière de leur vie actuelle, voudraient retrouver la fertitilité qui leurs était initialement accordée.

    Accepter les CONDITIONS d'INCARNATIONS dans LESQUELLES NOUS NOUS trouvons, c'est le point de DÉPART pour faire PREUVE de MATURITÉ. Après, ce sont les épreuves semées tout au long de notre passage INCARNÉ(E) actuel, qui NOUS permettront de BONIFIER, NOUS faire STAGNER ou encore, RÉGRESSER dans notre tentative d'améliorer divers aspects de notre personnalité.