Manque de transparence - Le gouvernement fédéral continue de prêter flanc à la critique

L'opposition a trouvé de nouvelles munitions pour mettre en pièces le bilan administratif des libéraux fédéraux. Après les cachotteries entourant les coûts du programme d'enregistrement des armes à feu, ce sont le dossier des commandites et celui des fraudes en matière de TPS qui lui servent maintenant à illustrer le manque de transparence du gouvernement.

La cible choisie par les bloquistes: un rapport de 16 pages sur le controversé programme de commandites, rapport dont le ministre des Travaux publics, Ralph Goodale, n'a publié en octobre qu'un résumé aseptisé de cinq pages. Dans celles qui restaient, révélait le Globe and Mail en fin de semaine, on apprenait que des firmes comme Polygone et Communication Coffin se livraient à une surfacturation systématique, que Groupaction avait reçu 147 975 $ mais produit aucun rapport faisant état de son relevé de sites Web portant sur le contrôle des armes à feu. Le clou: un cadre d'une entreprise de publicité aurait facturé 3673 heures de travail en une seule année, soit 10 heures de travail par jour pendant 365 jours.

L'Alliance, elle, avait jeté son dévolu sur l'absence d'information précise sur des centaines de millions de dollars perdus à cause de remboursements frauduleux de TPS. Ces sommes ne sont plus inscrites sous une rubrique séparée dans les Comptes publics. Depuis 1995, les taxes que les fraudeurs se font rembourser sans les avoir payées sont considérées comme des mauvaises créances de l'Agence canadienne des douanes et du revenu, révélait le National Post en fin de semaine. Il est donc impossible de distinguer entre les comptes en souffrance des honnêtes citoyens et ce qui découle de la fraude, a dénoncé l'Alliance canadienne.

La ministre Elinor Caplan soutient qu'elle est plus transparente qu'avant puisque toutes les accusations et les condamnations pour fraude sont publiées sur le site Web du ministère. Mais comme le gouvernement tente de récupérer les sommes, il estime qu'il s'agit de mauvaises créances et les traite de cette manière dans ses documents financiers.

La flambée des coûts du contrôle des armes à feu n'est pas restée lettre morte pour autant. Le président du comité des Comptes publics, l'allianciste John Williams, tentera d'obtenir le consentement des libéraux pour faire rapidement enquête sur la facture d'un milliard dévoilée par la vérificatrice générale. Le chef conservateur Joe Clark, qui a fait la suggestion, voudrait que les ministres de la Justice successifs et l'ancien ministre des Finances, Paul Martin, soient appelés à comparaître.

Le gouvernement n'est pas au bout de ses peines, car aucun parti n'estime avoir reçu réponse à ses questions. «Je continuerai de les poser jusqu'à ce qu'ils répondent», de dire le chef allianciste Stephen Harper. Et comme les munitions s'accumulent, la fin de session pourrait être mouvementée.

À une exception près. M. Goodale a indiqué que le programme de publicité touristique «Attractions», lancé en 1997 à la suggestion du Groupe Everest, prendrait fin cette année. Le programme devait s'autofinancer à partir de 2000, mais n'y est jamais parvenu. Son utilité a aussi toujours été mise en doute, malgré les 27 millions qu'il aura coûté.