Financement des partis politiques - La réforme du financement des partis politiques est reportée

Ottawa - Insatisfaits de ce qu'on leur proposait, les députés libéraux fédéraux ont forcé le gouvernement Chrétien à retarder la présentation du projet de réforme du financement des partis politiques.

Le leader parlementaire Don Boudria a reconnu qu'il ne pensait pas pouvoir présenter un projet de loi avant Noël. «Je n'ai pas fini de consulter», a-t-il ajouté en sortant de la réunion hebdomadaire du caucus. De plus, les députés ont exigé plus de temps pour étudier la question.

Le premier ministre Chrétien avait promis, en juin et dans le discours du Trône, de réformer le financement des partis et il espérait passer à l'action cette année. Parmi ses propositions se serait trouvée l'interdiction des dons en provenance des compagnies et des syndicats.

La majorité des députés libéraux refusent d'aller si loin. «Si, après ses consultations, M. Boudria présente encore quelque chose qui bannit les contributions d'entreprises, il aura un sérieux problème parce qu'il irait à l'encontre de la volonté du caucus», a indiqué le président du caucus ontarien, John McKay. La plupart des députés pourraient toutefois accepter l'imposition d'un plafond.

Ce point de vue est repris même au sein de la députation québécoise. «La loi au Québec est hypocrite parce qu'il y a beaucoup de financement fait par des individus qui, par la suite, se font rembourser par le biais d'un compte de dépenses de leur compagnie. Les gens font donc indirectement ce que la loi défend et essayer de contrôler cela est presque impossible», de dire Serge Marcil, qui fut directeur général du Parti libéral du Québec.

Comme Liza Frulla, il préfère un système transparent qui permet les dons corporatifs tout en les limitant. Il y a quand même quelques fervents partisans du financement populaire, en particulier les Québécois Marlene Jennings et Clifford Lincoln, qui continuent de pousser dans cette direction.