Élimination des CFC et des HCFC - Le Canada veut accélérer le rythme

Le Canada appuiera le retrait anticipé des CFC et des HCFC, deux substances appauvrissant la couche d'ozone (SACO), durant la conférence internationale qui débutera lundi à Montréal autour de ce thème.

Dans le communiqué émis hier par le Secrétariat du protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone, le ministre l'Environnement, John Baird, engage le Canada derrière les nombreux pays qui proposent de devancer l'échéancier d'élimination des SACO, dont on a découvert qu'ils accentuent le réchauffement du climat tout en nuisant moins à la couche d'ozone.

Le ministre Baird a notamment souligné le fait que le protocole de Montréal constitue un «modèle qui démontre que des résultats spectaculaires peuvent être obtenus quand la communauté internationale travaille ensemble pour s'attaquer à des problèmes environnementaux».

Jusqu'ici, neuf pays, dont les États-Unis et l'Europe, proposent de devancer l'échéancier d'élimination des HCFC, des molécules mises au point en remplacement des CFC qu'on utilisait abondamment avant la signature du traité en 1987 dans la fabrication des mousses isolantes, des aérosols et des appareils de réfrigération et de climatisation.

Les pays développés devaient cesser la production des HCFC en 2030 et les pays en développement, en 2040. La proposition actuellement sur la table de la conférence propose aux 191 pays signataires un devancement de 10 ans de cet échéancier ainsi qu'un gel de la production au niveau actuel.

Cette stratégie, a pour sa part souligné hier Nick Nuttall, porte-parole du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), engendrerait des réductions cumulatives de 18 à 25 milliards de tonnes métriques de CO2 (gigatonnes ou Gt), selon le rythme d'élimination adopté. Cela représenterait jusqu'à 3,5 % des émissions actuelles de gaz à effet de serre. En comparaison, le protocole de Kyoto doit réduire de 5 % les émissions des 39 pays occidentaux qui se sont engagés à des réductions en chiffres absolus.

Selon le PNUE, la réduction des GES pourrait même atteindre 38 Gt si le devancement de l'interdiction de produire des HCFC se double d'un système efficace de récupération de ces molécules présentes dans les équipements de réfrigération pour les détruire sécuritairement.

Pour Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, «la "success-story" que constitue le protocole de Montréal n'est pas terminée et il reste d'importants chapitres à écrire. Mais si les gouvernements de la planète adoptent un échéancier accéléré d'élimination des SACO, non seulement la couche d'ozone récupérera-t-elle plus vite, mais ces gestes constitueront une importante contribution au défi des changements climatiques».

Par ailleurs, l'ONU a confirmé hier que Ban Ki-moon, son secrétaire général, a officiellement convoqué un sommet des chefs d'État à New York le 24 septembre en vue de faire avancer la lutte aux changements climatiques en obtenant un large consensus en vue de la conférence de Bali, en décembre, sur le renouvellement du protocole de Kyoto.

Plus de 140 chefs d'État et plénipotentiaires sont attendus à cette rencontre, qui se tiendra trois jours avant celle organisée à Washington par le président George Bush sur un thème quelque peu différent, soit le climat et la sécurité énergétique.